22/07/2011

Very Impudent Person

Petit coup de gueule, heu non finalement, gros coup de gueule, sur ces gens qui l'espace d'une soirée se muent en vip alors que tout dans leur comportement révèle leur nature affreusement commune et simplement abjecte.

Pour avoir fréquenté nombre de manifestations en tout genre, comme simple spectateur mais aussi beaucoup de "l'intérieur", pour avoir travaillé sur les Franco, les femmes de cristal, le footballeur pro de l'année, pour m'être occupé de ces vip sur de nombreuses courses à Francorchamps ; pour avoir assisté à la polémique des véhicules vip sur le tour de France cette année.... je ne pouvais rester raisonnablement muet quant à l'attitude de nombreux d'entre eux, particulièrement déplorable

Beaucoup à dire donc mais je vais rester synthétique afin de ne pas leur donner une visibilité qu'ils ne méritent. Pas mal à dire aussi sur ces organisateurs qui font la course au sponsoring et s'inscrivent dans ce système à pognon.

Mais d'abord qu'est ce qu'un VIP. Pour certains, les plus rares, ce sont des Véritables Important Persons. Certains habitués aux régimes de faveur, restent humbles, ne font pas de leur position sociale, une position dominante ou du moins ne te le font ils pas ressentir. D'autres sont imbuvables, condescendants ou totalement débridés. Ils font tous partie d'une classe, d'une caste dirais-je même, et comme dans toutes les couches de la population, il y existe des disparités, des comportements différents. Normal. il y a des cons partout.

Puis il y a les autres. Les invités. Ceux qui viennent parce qu'ils sont importants, ou du moins le croient il, pour la gestion marketing d'une société lambda. Ceux qui ne sont là que parce qu'on leur en a donné l'opportunité ou parce qu'ils connaissent quelqu'un qui connait quelqu'un....On les soigne et les bichonne. On leur trouve plein d'activités, plein de coktails, plein de cadeaux. Ils ne viennent pas parce qu'ils aiment mais pour être aimé. Pour parader. Ils ont l'occasion d'être ce qu'ils n'ont jamais été, et ne seront jamais. Alors ils en usent, en abusent. Ils s'empiffrent, s'ennivrent, paradent. Grand barnum. Ils ne connaissent pas le groupe, l'équipe ou la trame du spectacle. Et ils s'en foutent. Ils ne viennent pas pour ça.  Ils sont là pour se donner de l'importance. Et ce sont les pires. Comme les nouveaux riches. Comme les convertis qui pensent qu'ils ont plus à prouver que les autres et deviennent plus intransigeants.  Ils toisent, se croient tout permis. Ils invectivent, gloussent. Ils se donnent un pouvoir qu'ils n'ont pas et que personne ne leur à donné, en fait. Mais ils le prennent. Oh il y a bien quelques perdus, des gens bien, qui comprennent et ne se sentent pas trop à leur place. ceux là, on les reconnaît directement. Parce que justement on ne les voit pas. Mais comme ils détonnent, il se fait que justement on les remarque. Ils jettent des regards perdus, des sourires contrits au petit personnel. Ils remercient, en s'excusant presque.

Des exemples, j'en ai des tonnes. A des concerts, des spectacles ou des manifestations sportives. Ceux-là gâchent le plaisir des autres. Car ils sont irrespectueux. Il n'y a aucune jalousie dans mes propos. Je ne pourrais être jaloux de gens qui parlent fort. J'ai trop vécu de l'intérieur que pour avoir la moindre envie envers des individus de cet accabit. Autant je peux comprendre que les spectacles aient du mal à s'organiser sans sponsor autant j'ai du mal à accepter que l'on donne tant d'importance  à ces extras. Cela frise souvent le manque de respect envers les passionnés, qui paient eux, souvent fort cher, pour en être aussi et sont les vrais miroirs de l'artiste ou du sportif.  Fric!

Et comme dirait l'autre, quand les dégoutés ne seront plus là, ne resteront que les dégoutants.

Voilà, c'est dit.  Et suis passé au Franco tout à l'heure, saluer ceux qui bossent. En ai encore eu un nouvel exemple flagrant et indécent. Depuis le temps que j'avais envie de le sortir ce coup de gueule!

02/05/2011

Garder les rêves

Envie de re-poster un ancien poème, parce qu'il me parle, plus aujourd'hui encore

 

 

Et lorsque dans tes yeux, la licorne

Ne sera rien de plus qu'une bête à corne

Et quand Pégase, le cheval ailé

Ne volera plus dans tes pensées

Lorsque les nains, les elfes et les fées

Que des dessins sur du papier

Quand plus de sphinx dans la lumière

Pas plus que d'anges dans tes prières

Quand plus de citrouille en carosse

Plus de Merlin, de Carabosse

Quand tous ceux-là tu sortiras de ta mémoire

Tes rêves, mon fils, tu pourras peindre en noir

08/07/2010

Le camion (1)

 

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Entre les pierres, la couleuvre
Le liseron et le chiendent
La rouille fait son oeuvre
Entre les morsures du temps

15:45 Écrit par carpe diem dans Photo divers, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/11/2009

Engourdi

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Il fait plus froid maintenant.  Les arbres nus et impudiques se dissimulent derrière un voile de brume, halo évanescent à la blancheur diaphane.
Les oiseaux s'économisent, ne volent plus que par nécéssité, d'un vol rapide et précis, entre une haie et les profondeurs d'un buisson de houx.

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Hier soir un dernier hérisson profitait encore de la nuit pour emmagasiner les ultimes réserves avant sans doute, aller retrouver la chaleur de son nid de feuilles mortes.

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Une taupe a creusé sa galerie dans le jardin, bien rectiligne, comme en atteste la succession de quatre taupinières qui s'alignent depuis la haie. Bientôt le sol sera trop gelé, même pour ses griffes puissantes.

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Même les moulins à vent ne tournent plus. La bise est trop fine et trop froide sans doute et leurs ailettes resteront figées jusqu'au printemps.

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A la fenêtre, le coucou qui a été rentré pour l'hiver, semble regarder avec grand intérêt cette nature qui s'endort

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Dans la forêt silencieuse, quelques derniers champignons résistent encore. Ils éclairent de ci, de là le tapis de feuilles mortes ou le vert profond des mousses de quelques taches de couleur.

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Il s'illuminent le temps d'un instant aux frèles rayons blafards d'un soleil hésitant qui ne réchauffe même plus

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Puis enfin, dans une dernière flamboyance, il laissera place aux ombres noires des grands arbres.

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Je m'en retournerai alors chez moi, y retrouver la chaleur d'un feux de bois. Je m'y réchaufferai l'esprit au crépitement de ses bûches. Je m'y réchaufferai le coeur aux sourires connivents des amis bienvenus
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14:19 Écrit par carpe diem dans Photo nature, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/10/2009

Là où je suis chez moi (2)

Je monte parfois par derrière le village, par des chemins tortueux, pentus en diable... Puis qui se coulent en long rubans paisibles sur tout le long de l'arête. Là, à l'orée de la forêt, bordés des fourrés de muriers, de haies d'églantiers, ils se repaissent aux rayons de soleil, caressés par les ombres nuageuses. Là, par temps clair, le regard porte sur un horizon forestier, parsemé des taches fauves de la fagne qui se dessinent par endroit. Je m'y sens grand...et tout petit à la fois. Là où la profondeur des couleurs se révèle aux ouvertures de ciel

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23:02 Écrit par carpe diem dans Photo nature, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

19/10/2009

Là où je suis chez moi

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Ces moments où l'on ne sais ce qui va surgir...
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...Animal ou elfe des forêts
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Lorsque tout est lumière, sensation, halo....quand tout devient magie.....
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...Ombres....
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Et couleurs.....

 

08/10/2009

Sur le chemin

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La pluie tombe maintenant avec moins d’intensité. J’ai quitté la ravine près de la rivière pour revenir sur le chemin qui serpente entre les grands arbres et monter vers le plateau. Déjà deux heures sous une pluie drue dans les fossés et les taillis. Quelques bourrasques font danser les feuilles qui se détachent des  branches. Elles hésitent encore entre jaune et vert et tombent en virevoltant au vent, par petits groupes éphémères. L’automne s’avance et installe ses quartiers. Quelques chanterelles et pieds de mouton garnissent mon panier. Un geai alerte la forêt de ma présence à grand renfort de "jerk, jerk"
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Sur un sentier qui se perd au milieu des fougères, je grimpe maintenant vers la crète. Le chant timide des oiseaux remplace petit à petit la musique de la pluie. Je scrute mais je sais que j’ai peu de chance d’apercevoir les grands corps fauves des biches qui paissent parfois en attendant la nuit aux abords des troncs noirs des épicéas. Les cerfs ont rassemblé leur harpail. Ils se sont déjà retirés au plus profond et s’apprêtent à en découdre.
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Un « tac, tac tac » caractéristique attire mon regard vers les troncs droits qui bordent le sentier. Après un moment de recherche immobile, je découvre l’ombre d’un pic qui se détache en contre-jour sur le tronc d’un arbre mort. Il martèle le bois de son bec puissant à la recherche d’une larve ou d’un insecte.
Un rayon de soleil filtre maintenant à travers les feuillages roux. Le sol encore humide étincelle, des milliers de gouttes s’allument soudain et scintillent de lumière. Les couleurs chaudes de la forêt s’éclairent par endroit. De hautes murailles de bois coupé, amassés là par les forestiers bordent le chemin qui s’élargit. Plus loin, quelques troncs couchés, saignant de résine parfumée, sont à la disposition des débardeurs.  En contrebas, trois sangliers quittent la fange près du ruisseau pour remonter en trottinant le coteau opposé. Tout en grommelant, ils s’arrêtent encore en certains endroits pour fureter les feuilles de leur boutoir à la recherche de glands, de faînes ou d’insectes imprudents.
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J’avance sur le plateau où j’ai quitté le chemin pour arpenter une succession de futaies clairsemées, séparées de coupe-feux herbeux, traversées par des fossés humides qui longent la pessière. Là, une trouée de friche. Herbue, moussue, parsemée d’une multitude de taches sombres des souches et chablis inextricables,  enchevêtrements de branches mortes qui, comme des bras suppliants, tendent leurs ramures dénudées vers le ciel pour retenir la lumière des derniers beaux jours. Ca et là, quelques vaillantes digitales marquent encore quelques pointes de couleur violette avant de mourir.
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Un troglodyte me devance un moment. Curieux malgré tout, caché dans les entrelacs et le fouillis des branches basses, je sais que le fourre-buisson m’observe, la petite queue dressée, avant, d’un vol zigzaguant, aller se faufiler dans les interstices du tas de bois suivant.
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Je manque de marcher sur un magnifique cèpe qui dresse fièrement son chapeau joufflu d’entre les mousses humides et des bouquets de bruyères.
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Partout, le sol s’égaie, entre les feuilles rousses ou sur les souches vertes, d’une multitude de taches colorées : Les rouges des amanites tue-mouches, les bordeaux des russules, les orangés des lactaires, les jaunes et les ocres des chanterelles et des armillaires, le violet profond des cortinaires et toutes les nuances des bruns et des fauves que ces petits êtres étranges et sympathiques offrent à nos yeux.
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Je quitte le plateau pour redescendre le versant opposé sur un chemin qui suit sereinement le dénivelé à flanc de colline. La sente est encaissée par moment entre deux talus moussus. A d’autres endroits, il laisse découvrir le versant de la grande hêtraie vers la rivière qui coule au bas. Des géotrupes, petits crotteux noirs et luisants, promènent comme moi leur bonhomie entre les flaques. Certaines de celles-ci, plus profondes, aux bords crénelés de vert, sont cillées de traînées graciles que laissent les gerris  aux longues pattes qui patinent à la surface.
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Cela fera bientôt quatre heures que j’arpente la forêt et il me reste encore environ une heure pour rejoindre la maison des gardes forestier où j’ai laissé ma voiture. Avant de rentrer, je m’offre un passage par le seul endroit que je connaisse où poussent les trompettes. Près d’un éperon de quartzite carapaçonné de lichen et de mousse, comme un prêtre celte veillant sur les légendes de l’Ardenne, pousse un vieux frêne. A ses pieds, de petites taches noires  et odorantes se multiplient dès l’automne. Il est encore fort tôt dans la saison, mais un précédent passage laissait augurer de belles surprises. En effet, quelques trompettes des morts,  en timides petits bouquets percent déjà le vert sombre des mousses. Quand sous le frêne, une tache imposante,  de noir et de gris, attire mon regard : Une touffe impressionnante de ces petits champignons délicieux, déjà bien avancés en âge et en taille, dressent leur corps tortueux entre les feuilles mortes.
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(Rien à voir avec des trompettes dont je n'ai pris aucune photo)

 Plus haut, je sais que le vallon pentu interrompt sa folle descente pour respirer sur un petit plateau aux arbres épars où poussent herbes et fougères. Je rentrerai par là. Autrefois passée, devenu sente puis sentier, le plateau est maintenant traversé par un chemin boueux, aux ornières profondes, fruit des engins de débardages des hommes. En une année, cette grande cicatrice brune s’est muée en coulée verte, la nature ayant repris ses droits. Un chemin fait de longues herbes d’un vert profond, qui se dressent tout le long comme les piquants d’un porc-épic et tracent leur sillon au milieu d’un tapis de fougères jaunissantes. D’une grande beauté. SSA40727

Dans cette chambre grise à la lumière blafarde, accoudé aux barreaux de ce lit en fer, ce sont ces mots qui ne viennent pas. L’histoire de cette journée magique, cette marche entre deux mondes et que je voudrais partager avec toi. Toi, petit oiseau frêle dans ce grand lit d’acier. Toi que l’hiver rattrape avant l’automne. Mais les mots ne sortent pas. Ces mots, comme coquille vide, que tu ne comprends plus, a défaut de te les dires, je te les offre. Ces couleurs et ces odeurs, c’est dans mes yeux que tu les a vus et ta main serrait la mienne comme quand enfant, elles me gardaient pour ne pas que je tombe en sautant du talus sur le chemin dans la forêt.

DSC_0251A ma maman....

16/06/2009

Exposition

On n'apprend plus à vivre ensemble

Mais à cultiver nos différences

21:01 Écrit par carpe diem dans Je dis....., Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/06/2009

Nuit d'orage

Ca claque partout ce soir....encore. C'est la deuxième fois ou même la troisième que l'orage passe.... alors en vitesse, avant que tout n'implose, avant de tout débrancher, j'avais envie de re-poster ces deux textes....pour mon plaisir. Deux anciens textes que j'avais composé il y a quelques temps déjà - voir rubrique  "Mes histoires" (Non Bougrenette ce n'est pas encore le résultat de ton tag....j'y travaille...patience!)

Par endroits, sa chemise lui collait à la peau. L'air était chargé de cette lourdeur des trop fortes chaleurs. De cette étouffante moiteur qui rend la respiration difficile et ralenti les mouvements. Il s'assit sur l'une des marches extérieures. Celles qui donnent sur le jardin. Une grande masse sombre et imposante s'avançait  menaçante dans le ciel. Elle se déployait avec une lenteur extrême comme si le vent avait renoncé à la pousser.  Qu'il hésitait à s'époumoner devant si ardue tâche. Cela faisait d'ailleurs plusieurs jours qu'on ne sentait plus que dans de trop rares moments son souffle providentiel

Il observa ce lourd rideau d'acier recouvrir lentement le bleu du ciel. Le soleil dispensait encore énergiquement ses rayons sur l'horizon . Ombre et lumière. De cette lumière étrange qui donne aux verts de la campagne une densité et des éclats bleutés qui reposent le regard

Depuis longtemps déjà, il pouvait entendre les grondements sourds de l'orage qui approchait. Comme l'auraient fait les musiciens d'un orchestre symphonique avant le concert, l'orage répétait ses gammes, perfectionnait ses accords. Cette idée lui plut  et un léger sourire se dessina sur son visage

Pourtant il ne pensait à rien. Il observait le cerveau vide. Presque hagard. Puis une pensée en transit lui éclairait le visage avant de le laisser à sa torpeur.

Un bruit sourd qu'il identifia aussitôt et qu'il localisa facilement par le petit nuage de poussière qui déjà se re-déposait sur la terre sèche, l'éveilla à la réalité. Une lourde goutte de pluie  vient de tomber dans la poussière du parterre à côté de lui. Déjà, une deuxième vient éclater sa fraîcheur  dense sur les marches. Il les voit, gros diamants étincelants, fendre l'air comme des lames disparates. De grosses gouttes d'orage, toute gonflées d'humidité salvatrice.  Encore rares et si bruyantes qu'il pourrait aisément les compter rien qu'en les écoutant éclater au terme de leur chute. Les insectes, pris de panique, gagnent les abris. Dans le parterre, une goutte vient de s'écraser devant une fourmi pressée. Le souffle l'a projetée à la renverse, perdant du coup, la brindille qu'elle ramenait. Nerveuse, elle repart mais une deuxième goutte s'abat sur elle, l'inondant d'une grande gerbe. Elle se tortille et se débat furieusement contre cette eau mèlée de boue qui lui colle et s'agglutine. Elle émerge enfin du cratère laissé par l'onde météorite et reprend péniblement sa progression. Etourdie.  La carapace ternie de poussière brune. Il se réjoui de la voir repartir comme si, confronté à l'intensité dramatique du moment, il venait de prendre conscience du sort de ce minuscule être sans importance.

Les premières gouttes le fouettent violemment, chaudes. Elles sont pesantes et lui font un peu mal. L'averse se fait plus serrée, plus rapide, plus intense. Les arbres alentours crépitent, les gouttes claquent sur les feuilles qui se plient sous les coups. Les roses, touchées elles-aussi, se penchent humblement et, meurtries, elles perdent quelques pétales.  Les gouttes rebondissent comme des millier de petites balles sur le macadam de la cours d'où monte une légère brume évanescente. . Les gouttes se rejoignent, se fondent et finissent par couler en petits torrents  sur cette terre trop sèche qui ne peut les boire.

Il reste là, assis alors que l'averse se fait plus violente. Il sent ces gouttes traverser le tissus de sa chemise pour se reformer sur sa peau et couler dans son dos. Les petites auréoles humides que les premières gouttes ont dessiné sur sa chemise  ne forment plus qu'un amas de tissu collant à l'aspect de papier mâché . Il fait presque noir en cette fin d'après-midi. Ses cheveux s'allongent sur son front. La pluie devient si forte qu'il ne peut presque plus ouvrir les paupières. Quelques gouttes, chargées de la sueur de sa peau, dégoulinent jusqu'à sa bouche et il en discerne le goût salé.  Lui aussi sent étrangement toute la chaleur de ces derniers jours, s'échapper de son corps, s'évaporer. Et il béni cette brume qui le quitte. Il frissonne.  Il se lève mais ne rentre pas. Pas encore. Il descend quelques marches pour fouler l'herbe fraîche du jardin. Il aime cette sensation.  Cette herbe mouillée qui lui lèche la plante de ses pieds nus. Qui s'insinue agréablement entre ses orteils. Et il est là, debout, dressé dans l'herbe. Immobile sous la pluie battante qui le dégouline. Le défait. Le dépeint. Et pourtant il se sens fort. Puissant. Invulnérable, presque.

 

 

0930Hr Il fait encore noir. Une sombritude inhabituelle. Ce peu de clarté s’apparente à celles d’une fin d’après-midi à l’approche des fêtes de fin d’année. On est en Mai. Seuls les fréquents éclairs qui déchirent le ciel illuminent de leur blancheur passagère, les pièces de l’appartement. Les objets et les meubles soudain surexposés dessinent des ombres fugaces et fulgurantes, aux lignes acérées et aux angles aigus. Puis s’éteignent aussi vite pour retourner dans l’immobilité de la pénombre.
Le ciel craque, tonne, gronde, bourdonne, claque, explose et lâche ses déchirures d’argent les unes à la suite des autres, comme une volée de lances enflammées. La pluie se déverse en grosses gouttes, nombreuses , serrées, violentes. Elles claquent sur le toit, sur les feuilles des arbres qu’elles déchiquètent et s’abattent avec rage sur le sol, sur la terre qu’elles creusent en sillon et se déversent en un flot tumultueux dans la rigole. Il est là, juste au dessus. Maître orage. Dans toute sa magnificence. Dans toute sa splendeur. De toute ses énergies.
Eole n’est pas en reste. Pliant les arbres, fouettant leurs branches, fracassant les nuées d’eau de ses rafales vers les maisons où elles éclatent sur les carreaux.
Je me réveille sous cette assourdissante folie du ciel, me lève pour témoigner de son impétueux spectacle et m’imprégner de toute cette force électrique. Je suis petit et me sens grand. Les cieux sont en transe. C’est la curée, l’hallali.
Au paroxisme de la fureur, Maître orage se déchaîne et fait trembler les vitres, les murs… la terre même !
Et moi, comme à chaque fois, torse nu à la fenêtre, je m’énergise, je me recharge. J’y puise force, courage, confiance. Je ne sais. Mais je m’en nourris.

Dans une heure, peut être plus, il s’en ira. Lentement. Grondant encore de temps en temps, juste pour te dire qu’il n’est pas loin. Pour te dire qu’il reviendra. Compte sur lui. Le calme qui t’envahi devient alors béatitude. Le silence devient présent, devient musique. J’aime aussi ce moment là.  Cet apaisement progressif et cette montée de silence. Ce moment où le calme exulte sa singularité, acquière la plénitude et envahi chaque recoin de la maison, chaque recoin de ton âme. Où il badigeonne sa sérénité retrouvée sur les murs noirs et tourmentés de l’orage. C’est à ce moment, primitif, où la peur quitte les yeux de mon chien et qu’il redresse la tête. C’est ce moment que choisit le chat pour sortir du dessous de l’armoire. C’est à ce moment aussi où reprennent les chants des oiseaux

Restera les marques, les plaies, les coups de griffes de toute cette passion déchaînée mais que la terre pansera bien vite… Restera encore un peu les brumes de la terre chaude et les odeurs qui s’évaporent. Puis restera les impressions. Enfin restera l’attente… Il reviendra le Grand Orage car il sait que tu as besoin de lui

22:59 Écrit par carpe diem dans Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

31/05/2009

Passager clandestin sur son propre navire

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Comme un trou béant qui se creuse dans la poitrine


Un voile opaque déposé sur mes sourires distraits comme ces draps dont on recouvre les meubles avant un départ prolongé
Ces brumes froides de l'aurore qui s'insinuent entre les haies et se répandent sur la campagne qui se réveille transieIMG_0005

Un entremêlat de branches cassées, de troncs éclatés par plusieurs nuits de tempêtes
Ces draps chiffonnés qui se réveillent encore marqués, emprunt de trops longues nuits de cauchemards
Comme ces amas de ferrailles imbriquées entre chardon et chiendent et qui attendent que ronge la rouille

22/01/2009

Il y a des jours


Découvrez Arno!

Et comme l'impression d'avoir dans la poitrine un coeur trop grand, qui bat trop fort... Si fort qu'il se déchire à chaque battement...

Comme un ouragan qui tournoie dans la tête et y fait battre tes tempes du roulement sourd d'un tambour....

Comme un océan gonflé de larmes qui s'écrasent au barrage de tes yeux, comme le ressac empêché par la digue...

Comme une brume opaque qui envahi ton être tout entier, l'enveloppe d'une torpeur glaciale jusqu'à figer le moindre de tes gestes...

Et tout ce poids incroyable qui te tire vers le bas vôutant ton dos et volant à ton regard toute cette assurance joyeuse qui te tirait de l'avant...

Toutes ces forces conjuguées, contenues, qui affleurent de ton être, qui ne demandent qu'à s'en échapper et que tu retiens encore du simple noeud d'un fil ténu

Il est des jours cataclysmiques où tu ne peux tourner ton regard vers le ciel, obscurci de nuages gris, où tu ne peux te laisser caresser par le vent qui souffle en froides rafales...

Il est des jours au bord du rien. De ce rien tellement plein, tellement présent que tu sais qu'il est vain d'attendre un sourire....

Il est des jours......

19:04 Écrit par carpe diem dans Mes préférés, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

22/12/2008

Et moi

Le soleil se couche
Une bougie qui se meurt
Certaines étoiles s'éteignent
Le feu s'étouffe
les étincelles disparaissent
Le courant se coupe
Et une source se tarit
Les roses se fanent
Les chances s'amenuisent
Les ambitions s'enterrent
L'horizon se bouche
La flamme vacille
Les réserves s'épuisent
Les espoirs s'envolent
Et moi, je m'en vais

23:18 Écrit par carpe diem dans Ressentis, Rimes et déprimes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

09/08/2008

Le réveil

Lorsque la nuit enfin s'étiole, que la terre frissonne encore sous le tapis des brumes de l'aube, les gris s'orangent pour délivrer la campagne de sa torpeur matinale...

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08/08/2008

ciel d'écume

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Lorsque des vagues blanches
Se dessinent dans un ciel d'écume
Passent les oiseaux noirs
Tels sombres poisson-volants
Et s'en vont mourir à l'horizon
Comme s'échouent les nuages
Sur la plage d'un ciel d'argent


19:20 Écrit par carpe diem dans Ressentis, Rimes et déprimes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/07/2008

comprendre


Découvrez Bruno Coulais!

N'être rien de plus qu'un songe
Rien d'autre qu'un mensonge
Quelque chose qu'on efface
Dont on gomme toute trace
N'être qu'une main qu'on lache
Être une erreur, une tâche
Une ombre que l'on ne veut plus voir
N'être plus un rêve mais un cauchemard
Un souvenir dont on se débarasse
Un nounours démembré, un jouet à la casse
Et un bon coup de torchon
Au feu les vieux chiffons
N'être qu'une page qu'on tourne
Un regard dont on se détourne
Un cerf-volant au vent perdu
Un chanson qu'on ne chantera plus
Plus un refrain, plus une contine
Juste un coeur qu'on piétine

D'une phrase assassine

 

00:47 Écrit par carpe diem dans Ressentis, Rimes et déprimes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/07/2008

galerie sans titre....plus besoin


Découvrez Counting Crows!

 

Comme, d'un coup, vidé.... vidé de ma substance... et de cette raison d'avancer...

Vais aller m'asseoir sous la pluie

19:54 Écrit par carpe diem dans Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/06/2008

Frisson

Le son des mots comme un frisson...

comme une musique que ma peau aime

17:21 Écrit par carpe diem dans Je dis....., Mes préférés, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

11/06/2008

SCRIPTA MANENT

 

Au diable les sourires et les dorures
Au diable les richesses de vos sculptures
Reprenez vos angles droits et vos moulures
Et tout l'or de vos fioritures

Mais laissez moi les mots du coeur
Gravez vos peurs, vos rages, vos sentiments
A l'encre de chine ou aux crayons de couleurs
Vos lignes de vérités à l'épreuve du temps

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01/06/2008

Popstitute

Juste envie d'aller faire un tour en enfer

Juste envie d'essayer.........................

Popstitute - Indochine

IL EST TEMPS A NOUVEAU...

J-L AUBERT

12:09 Écrit par carpe diem dans Ils disent...., Ressentis | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/05/2008

Gospel dreamer

I'm a gospel singer
J'envoie mon âme vers le ciel
Dans l'espoir d'être entendu
Contre l'infâmie de toute les guerres
La différence, l'indifférence, son lot de fiel
Juste la musique d'un chant menu

I'm a gospel writer
Les larmes coulent de mon stylo
Sans même savoir si elles seront lues
Je couche ces doutes qui m'atterrent
Dans une bouteille au milieu des mots
Et vague au gré des flots dans l'espoir d'être apperçus

10:47 Écrit par carpe diem dans Ressentis, Rimes et déprimes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

24/05/2008

Définition

Croisement :

Endroit où l'on décide... où l'on échange... où l'on se frôle...
Lieu parfois anodin mais qui de toute façon, d'une manière ou d'une autre, changera ta vie

Sans lui, l'homme s'ennuie, destiné à mourir seul

(Mitch, pensée du jour)

13:43 Écrit par carpe diem dans Ressentis | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/04/2008

Et cri

Encore une idée pose
Dans mon cafarnäum
Quand la mort ose
De la vie d'un homme
N'est faste qu'à l'idée pourvu
La multiplicité la somme
Que tout ce désir à cru
Des espoirs d'un homme

08:00 Écrit par carpe diem dans Mes préférés, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/03/2008

Cri

Peur d'écrire

    ce cri qui déchire

Alors ce soir.... voilà

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06/03/2008

L'étincelle

Lorsque sous des brumes austères
Se cachent la sensibilité de ton âme
Et toute l'architecture de ton être
N'en laissant entrevoir
que contours improbables
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Il suffit parfois d'une étincelle...

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Photos Mitch//Chambord

23:30 Écrit par carpe diem dans Photo-cité, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/02/2008

Interdit

C'était flou.....

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Alors je suis entré quand même !

13:44 Écrit par carpe diem dans Ressentis | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

25/01/2008

vieille branche

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Etre comme ces feuilles jaunies

Couchées sur papier glacé

 


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aux couleurs ternies

et aux ombres déchiquetées

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15:20 Écrit par carpe diem dans Photo divers, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

18/12/2007

fil à fil

Retrouver le fil.......
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De mes horizons
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20:04 Écrit par carpe diem dans Photo nature, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

08/12/2007

Ni trait. Ni attrait

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Je n'écris pas.
C'est l'hiver et rien ne pousse
Quand bien même je voudrais, je ne sais. Ma dernière feuille est tombée avec l'automne.
Ne reste qu'une écorce. On n'écrit pas à la plume sur de l'écorce. On la travaille au couteau. E
t je n'ai rien aggravé. Rien n'est pourtant pire. C'était.
Avec le vent, la plume s'est envolée. J'ouvre la bouche, le vent s'engoufre et emporte mes paroles.
Pas envie d'écrire en noir. Et trop noir pour écrire en bleu. De toute façon, le crayon est pour les yeux. Couleurs ternes et ciel de traîne. Délavé.
La pluie a dilué mon regard. Je ne vois les gens qui lassent. Ni le temps qui passe. Alors passe-t-en.
Parfois même ce vent m'emporte. Il me colle à vos fenêtres. Une bourrasque me reprend. Comme une ombre qui s'efface.
Je me roule en boule dans le trou de ma branche, en attendant qu'elle casse.

Mots sades

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Mais bientôt, la lune se libéreras des fourrés

20:14 Écrit par carpe diem dans Mes préférés, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21/11/2007

Belles dames

Et lorsque dans nos miroirs flous
Dansent les corsages
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Et nos espoirs les plus fous
Des belles dames sans visage

 

14:35 Écrit par carpe diem dans Ressentis, Rimes et déprimes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

06/11/2007

Nuit précieuse

Les parfums capiteux

Les effluves ennivrantes

de la nuit

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...scintillent à mes yeux

comme l'éclat amarante

d'un rubis

22:37 Écrit par carpe diem dans Photo divers, Ressentis | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : photo, parfums, senteurs |  Facebook |