27/12/2009

Dernier verre

J'avais déjà rangé la salle quand elle est entrée. Les chaises étaient retournées sur les tables. Elle m'avait juste demandé si elle pouvait boire un dernier verre. Au bar, ça irait. Qu'elle ne me dérangerait pas. Elle s'est assise avec élégance sur un haut tabouret. Elle n'était pas saoule. Peut-être avait-elle déjà bu. Je lui servi un daikiri. Elle me demanda une paille. Non, ça ne me dérangeait pas. Elle n'avait pas de sac mais disposa sur le zinc du comptoir un paquet de Johnson et un briquet de marque. Un Dupont peut-être. Sans doute les tenait-elle simplement en main quand elle est entrée. Je ressorti un cendrier de derrière le bar et le déposai près de ses cigarettes. Elle me remercia simplement d'un sourire. Elle alluma une cigarette presque machinalement. Elle plissa légèrement les yeux en aspirant la première bouffée. Elle posa la cigarette sur le rebord du cendrier et joua machinalement avec le paquet.  Chaque geste était calme et posé. Les volutes de fumée dessinaient des formes improbables dans la lumière qu'elle regardait avec un léger sourire.

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      Tout en rangeant les verres sur les étagères, je l'observais le plus discrètement possible au travers des miroirs du bar. Peut-être s'en rendait elle compte. Elle était plutôt jolie avec sa coupe au carré. Une mèche rebelle retombait négligemment devant ses yeux et elle l'écartait doucement d'un revers de la main lorsqu'elle portait son verre aux lèvres. Son visage était fin. Si ses gestes étaient posés, ils étaient décidés, précis. Coupants presque.  Sa peau devait être douce. Un parfum discret exhalait d'elle.  Elle ne semblait pas étrangère mais j'avais cru déceler un léger accent dans sa voix. Elle était simple. Ne portait aucun bijou. Pas de bague. Aucune alliance. J'avais vérifié. Sa robe fourreau noire scintillait légèrement et paraissait par moment briller de reflets bleutés. Elle épousait les formes de son corps. Sans ostentation. sans vulgarité. Elle semblait sereine. Ou pensive?
       Je terminai les étagères. Et j'allais commencer à ranger le bar. Et les vidanges. Je mis la radio pour couvrir le bruit désagréable des bouteilles. Elle demanda une station particulière. Jazzy. Pas désagréable.  Je ne l'avais jamais vue dans le quartier. Mais je n'étais moi-même pas depuis assez longtemps dans la place pour connaître tout le monde. Peut-être était-elle de passage. A cette heure? Elle ne semblait pas triste. Ne regardait pas dehors et ne s'était pas encore même retournée. A aucun moment. Assise au bar. Simplement. Belle. Pas distante mais pas bavarde. Elle en était déjà à se deuxième cloppe. Ou la troisième? Et pourtant on ne pouvait pas dire qu'elle semblait nerveuse. Elle était là. Simplement accoudée à mon bar. Et je dois dire que cela me suffisait.

        Je lui proposai un deuxième verre pour la maison. Le temps que je termine. Non, ça ne me dérangeait pas. Cela me faisait de la compagnie pour terminer mon travail. Charmante pensais-je encore. Elle devina et souris. Je pense. Moi je rougis. Elle accepta. Elle ne parlait pas. Sans doute n'en avait-elle pas envie. Moi, je n'osais. C'était bien ainsi. De temps à autre, elle jetait un oeil aux bouteilles alignées au dessus du bar. A quoi pensait-elle?  Elle ne me regardait pas. Ou juste un regard peut-être lorsque je passai devant elle.

         Je m'excusai. Elle souleva son verre et le cendrier pour que je termine d'essuyer le zinc. Ne vous pressez pas. Vous avez le temps. Elle me regarda. Sans sourire. Ou peut-être si. Elle avait des talons hauts et je remarquai un fin liseré noir sur ses bas. Légère touche glamour. Je croisai son regard dans la glace derrière le bar. Je bredouillai des paupières et m'échappa. Elle, avec classe, bu une gorgée. Je n'osais lui parler. Ce n'était pas nécessaire.  Il me semblait l'avoir vu descendre d'une voiture. Un taxi peut-être? Rentrait-elle chez elle? Attendait-elle quelqu'un?

         Je ne sais d'où elle sorti les deux pièces qu'elle déposa sur le comptoir. Je remarquai que ses lèvres susurraient les paroles de Blue Moon, qui passait à la radio. Elle se leva. Magnifique. Me lança encore un regard clair ponctué d'un sourire. Rabattit sa mèche derrière une oreille. Me souhaita bonne nuit et disparu à l'aurore.  Je suivi encore sa silhouette au travers de la vitre.  Démarche lente et chaloupée. En rien provocante. Non. Femme!  Une johnson fumait encore dans le cendrier.

         Mon bar n'avait jamais été aussi propre. Elle ne revint jamais

 

Histoire écrite sur un dessin d'Isa

17:04 Écrit par carpe diem dans les dessins d'Isa, Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/10/2009

Sur le chemin

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La pluie tombe maintenant avec moins d’intensité. J’ai quitté la ravine près de la rivière pour revenir sur le chemin qui serpente entre les grands arbres et monter vers le plateau. Déjà deux heures sous une pluie drue dans les fossés et les taillis. Quelques bourrasques font danser les feuilles qui se détachent des  branches. Elles hésitent encore entre jaune et vert et tombent en virevoltant au vent, par petits groupes éphémères. L’automne s’avance et installe ses quartiers. Quelques chanterelles et pieds de mouton garnissent mon panier. Un geai alerte la forêt de ma présence à grand renfort de "jerk, jerk"
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Sur un sentier qui se perd au milieu des fougères, je grimpe maintenant vers la crète. Le chant timide des oiseaux remplace petit à petit la musique de la pluie. Je scrute mais je sais que j’ai peu de chance d’apercevoir les grands corps fauves des biches qui paissent parfois en attendant la nuit aux abords des troncs noirs des épicéas. Les cerfs ont rassemblé leur harpail. Ils se sont déjà retirés au plus profond et s’apprêtent à en découdre.
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Un « tac, tac tac » caractéristique attire mon regard vers les troncs droits qui bordent le sentier. Après un moment de recherche immobile, je découvre l’ombre d’un pic qui se détache en contre-jour sur le tronc d’un arbre mort. Il martèle le bois de son bec puissant à la recherche d’une larve ou d’un insecte.
Un rayon de soleil filtre maintenant à travers les feuillages roux. Le sol encore humide étincelle, des milliers de gouttes s’allument soudain et scintillent de lumière. Les couleurs chaudes de la forêt s’éclairent par endroit. De hautes murailles de bois coupé, amassés là par les forestiers bordent le chemin qui s’élargit. Plus loin, quelques troncs couchés, saignant de résine parfumée, sont à la disposition des débardeurs.  En contrebas, trois sangliers quittent la fange près du ruisseau pour remonter en trottinant le coteau opposé. Tout en grommelant, ils s’arrêtent encore en certains endroits pour fureter les feuilles de leur boutoir à la recherche de glands, de faînes ou d’insectes imprudents.
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J’avance sur le plateau où j’ai quitté le chemin pour arpenter une succession de futaies clairsemées, séparées de coupe-feux herbeux, traversées par des fossés humides qui longent la pessière. Là, une trouée de friche. Herbue, moussue, parsemée d’une multitude de taches sombres des souches et chablis inextricables,  enchevêtrements de branches mortes qui, comme des bras suppliants, tendent leurs ramures dénudées vers le ciel pour retenir la lumière des derniers beaux jours. Ca et là, quelques vaillantes digitales marquent encore quelques pointes de couleur violette avant de mourir.
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Un troglodyte me devance un moment. Curieux malgré tout, caché dans les entrelacs et le fouillis des branches basses, je sais que le fourre-buisson m’observe, la petite queue dressée, avant, d’un vol zigzaguant, aller se faufiler dans les interstices du tas de bois suivant.
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Je manque de marcher sur un magnifique cèpe qui dresse fièrement son chapeau joufflu d’entre les mousses humides et des bouquets de bruyères.
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Partout, le sol s’égaie, entre les feuilles rousses ou sur les souches vertes, d’une multitude de taches colorées : Les rouges des amanites tue-mouches, les bordeaux des russules, les orangés des lactaires, les jaunes et les ocres des chanterelles et des armillaires, le violet profond des cortinaires et toutes les nuances des bruns et des fauves que ces petits êtres étranges et sympathiques offrent à nos yeux.
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Je quitte le plateau pour redescendre le versant opposé sur un chemin qui suit sereinement le dénivelé à flanc de colline. La sente est encaissée par moment entre deux talus moussus. A d’autres endroits, il laisse découvrir le versant de la grande hêtraie vers la rivière qui coule au bas. Des géotrupes, petits crotteux noirs et luisants, promènent comme moi leur bonhomie entre les flaques. Certaines de celles-ci, plus profondes, aux bords crénelés de vert, sont cillées de traînées graciles que laissent les gerris  aux longues pattes qui patinent à la surface.
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Cela fera bientôt quatre heures que j’arpente la forêt et il me reste encore environ une heure pour rejoindre la maison des gardes forestier où j’ai laissé ma voiture. Avant de rentrer, je m’offre un passage par le seul endroit que je connaisse où poussent les trompettes. Près d’un éperon de quartzite carapaçonné de lichen et de mousse, comme un prêtre celte veillant sur les légendes de l’Ardenne, pousse un vieux frêne. A ses pieds, de petites taches noires  et odorantes se multiplient dès l’automne. Il est encore fort tôt dans la saison, mais un précédent passage laissait augurer de belles surprises. En effet, quelques trompettes des morts,  en timides petits bouquets percent déjà le vert sombre des mousses. Quand sous le frêne, une tache imposante,  de noir et de gris, attire mon regard : Une touffe impressionnante de ces petits champignons délicieux, déjà bien avancés en âge et en taille, dressent leur corps tortueux entre les feuilles mortes.
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(Rien à voir avec des trompettes dont je n'ai pris aucune photo)

 Plus haut, je sais que le vallon pentu interrompt sa folle descente pour respirer sur un petit plateau aux arbres épars où poussent herbes et fougères. Je rentrerai par là. Autrefois passée, devenu sente puis sentier, le plateau est maintenant traversé par un chemin boueux, aux ornières profondes, fruit des engins de débardages des hommes. En une année, cette grande cicatrice brune s’est muée en coulée verte, la nature ayant repris ses droits. Un chemin fait de longues herbes d’un vert profond, qui se dressent tout le long comme les piquants d’un porc-épic et tracent leur sillon au milieu d’un tapis de fougères jaunissantes. D’une grande beauté. SSA40727

Dans cette chambre grise à la lumière blafarde, accoudé aux barreaux de ce lit en fer, ce sont ces mots qui ne viennent pas. L’histoire de cette journée magique, cette marche entre deux mondes et que je voudrais partager avec toi. Toi, petit oiseau frêle dans ce grand lit d’acier. Toi que l’hiver rattrape avant l’automne. Mais les mots ne sortent pas. Ces mots, comme coquille vide, que tu ne comprends plus, a défaut de te les dires, je te les offre. Ces couleurs et ces odeurs, c’est dans mes yeux que tu les a vus et ta main serrait la mienne comme quand enfant, elles me gardaient pour ne pas que je tombe en sautant du talus sur le chemin dans la forêt.

DSC_0251A ma maman....

01/06/2009

l'heure de l'alouette

 

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22:56 Écrit par carpe diem dans Mes histoires, Photo nature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/11/2008

Papier tissu

J'ai un rhube! Bon, pas de quoi faire la une des journaux me direz-vous. Certe!
Surtout que ce n'est pas (encore) une pneumonie et que ça n'a rien à voir avec la grippe aviaire (j'ai depuis longtemps cessé toute fréquentation hasardeuse avec les poules-question d'horaire sans doute- et banni tous les canards boîteux de mon carnet d'adresse!!... Donc...)

Mais ce nez qui coule comme fontaine qui pisse et ces éternuements incessants m'agacent et m'anènent à la réflexion suivante : Mouchoirs en papier ou mouchoirs en tissu???

Le mouchoir en tissu d'abord. Là, il n'y a pas à dire, c'est du solide et de l'agréable au premier abord. La première utilisation est confortable..... mais une fois les premiers émois passés, ça devient vite galère! Car à moins de se moucher dans un drap de lit (au transport aléatoire, dois-je le préciser...) le petit carré de tissu aura vite fait de dévoiler toutes ses limites : Le mouchoir trempé jusqu'à la corde, qu'on n'ose plus sortir de la poche, la boule de "slime" qu'on attrape à deux doigts de peur de ressembler à Spiderman, avec les mains pleines de fils et tout....

Faut reconnaître qu'au départ, c'est pratique lors d'une crise d'éternuement. Facile à attraper, à utiliser, à déplier. Le nec!! Mais ensuite, la boule toute chiffonnée, que l'on n'ose plus étendre devant son nez en public, sans en exhiber tous les combats passés, les crottes de nez extirpées et les couleurs chatoyantes d'un automne maladif.... ne protège plus vraiment et n'absorbe plus grand chose car ce qui ne sortira pas par le nez, le fera pas la bouche et vice versa : Spiderman exposant 10
De plus, enfouie au plus profond de ta poche, cette grosse boule te fera ressembler à un nasique....en rut!

Mouchoirs en papier peut-être? Là, c'est encore pire :

Imaginez : Vous êtes confortablement installés dans un train, en vis à vis d'un couple de soixantenaires catholiques pur jus, genre coincés du "c..." Et là, (car forcément ça ne vous arrivera pas en pleine traversée des Andes ou des plateaux déserts de l'Altiplano) et là, dis-je, vous sentez monter les piccotements au nez et vos yeux s'embuent, prémices à une "éternuade" de Dieu le père. Hilfe. A l'aide. Au secours. Damned! Vous commencez à fouiller votre sac ou les poches de votre pantalon à la recherche du paquet de mouchoir (Que soit dit en passant, vous êtes sur d'avoir laissé à portée de main...? Rêve Alice!) D'un air dégagé d'abord puis de plus en plus frénétiquement au fur et à mesure que la bouche s'ouvre et que le nez se plisse. Dans ces cas là, il est généralement convenu que le paquet tant convoité ne se trouvera pas dans le sac ou le pantalon mais dans l'une des nombreuses poches de votre veste qui, de plus, sera fermée d'un bouton réfractaire....

Mais admettons, que prévoyants, vous ayez judicieusement placé votre paquet de mouchoirs dans la poche droite de votre pantalon et qu'il s'y trouve encore. La gauche, étant, si vous avez suivi depuis le début, toujours occupée par la boule gluante du mouchoir en tissu, qu'il serait de bon ton de ne point exhiber ici!!
Une fois en main le précieux paquet, il vous restera au maximum 5 secondes pour : 1)trouver le bon côté de l'ouverture (situé en général de l'autre côté de celui qui se présente d'emblée...) 2) vous laisser  pousser les ongles recoupés de près ce matin pour enfin attraper ce foutu
#@!**$%## de ruban adhésif permettant d'accéder aux mouchoirs, 3) tirer sur l'un de ceux-ci prestement de façon à ce qu'inévitablement les autres suivent le mouvement et se répendent immanquablement sur le sol à vos pieds. Autant dire que c'est perdu d'avance...
A ce stade, il sera en général déjà trop tard pour avoir le temps de déplier le confetti de papier et le porter vers la zone sensible. Le mouchoir à peine en main, le nez dégoulinant et la mine déconfite,  il ne vous restera plus qu'à vous confondre en excuses auprès des passagers les plus proches et leur proposer de ramasser les mouchoirs restants, qui pour s'essuyer les lunettes, qui pour éponger les pages de son édition rare du nouveau testament

Mais admettons que, ayant une maîtrise totale de votre personne, vous ayez réussi à retarder l'explosion de morve jusqu'à déplier le mouchoir et le placer utilement devant votre nez... Admettons....
Mais avez-vous déjà remarqué comme ces petits rectangles de papier, d'ordinaire si solides secs, ont la fâcheuse tendance à se désagréger une fois humides.  Qui de nous, je vous le demande, ne s'est jamais retrouvé les doigts, que dis-je, les mains pleines de morve (syndôme de Spiderman) et de papier mâché,  un nez absurde et humide dépassant du trou formé d'un premier éternuement chargé et dévastateur...
Il s'ensuit  en général un temps d'arrêt, nécéssaire à vérifier autour de soi, qui s'est apperçu de la débacle et à établir une stratégie de repli. Les autres mouchoirs étant toujours sur le sol, la stratégie consistera généralement à s'essuyez discrètement les mains entre le siege et son pantalon...

Une autre particularité des mouchoirs en papier qui ne doit pas non plus vous avoir échappé, c'est qu'ils semblent méchamment rétrécir à l'usage. Alors que dépliés secs, ils vous recouvrent aisément tout le visage, dès le premier "mouchage" ils se révèlent affreusement trop petits... Bref, il faudra prévoir un sac à dos de mouchoirs pour tenir une journée!

Sans compter qu'ils se retrouvent en petites boules de papier mâché sur le bureau, à terre ou dans le divan... et au fond de toutes vos poches puis évidemment.... en miettes de papier disséminées accrochées aux vêtements mouillés sortant du lave-linge. Ben tiens!

Tissus ou papiers, les mouchoirs sont fait pour des gens qui ne sont pas malades. ceux qui s'épongent le front avec dignité ou s'époussettent le nez avec parcimonie.
Ou alors t'es malade chez toi, t'as une réserve et tu bouges plus.... mais dès que tu te balades avec le nez qui coule... t'es foutu!!!!!

Alors, mouchoirs en papier ou en tissu ?????

 

 

21:42 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

30/07/2008

Tout ce chemin

 

 

 

 

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Il venait de la montagne...là-bas... tout au loin. Il était descendu dans la plaine et avait marché des journées entières....presque sans s'arrêter.  Peut-être des semaines, il n'en savait trop rien. Il n'avait qu'un but. La rejoindre. La découvrir. L'admirer enfin. Il était fatigué, harassé même. Tous ses membres était douloureux d'avoir trop marché.....tout ce chemin parcouru.....mais elle était là....devant lui. Elle était magnifique, immensément belle. Elle exhalait un parfum qu'il ne connaissait pas. Mais qui évoquait chez lui l'aventure, la liberté... Un parfum qui lui tournait la tête, les sens.... Elle était là et elle chantait.... doucement..... une douce mélodie lancinante... au rythme des vagues qui viennent mourir sur les rochers. Il avait toujours voulu voir la mer et elle était là devant lui.
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Calme, imposante. Une immensité d'eau qui étincelait sous les rayons du soleil. Lui, venait du minéral et il était subjugué par tant de force et de douceur réunis, par autant de nuances issues d'une même couleur.....
Au loin, il aperçu la terre.... encore. Une fine bande plus sombre qui se dessinait à l'horizon. Un autre continent, un autre pays, un autre monde.... encore.  Il se retourna et derrière lui distingua les cimes blanches de ses montagnes. Et tout le chemin parcouru pour arriver jusqu'à elle. Il ne voulait pas s'arrêter là. Tout ce chemin parcouru.... Il voulait continuer.... aller plus loin
Malgré la fatigue, il ne prit pas le temps de se reposer. Il ne prit pas le temps de se trouver une barque ou de se construire un radeau. Mû par on ne sait quel empressement, il plongea....
Il ne reviendrait plus en arrière.... exalté, il nageait....
La première grosse vague le ramena à la raison... à la réalité. A la deuxième, il comprit..... mais la troisième.....l'englouti
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Tout ce chemin parcouru......

 

 

 

 

 

 

 

 

14/06/2008

Caillou et le vaste monde

Caillou pleurait à chaudes larmes de gravillon, là, au bord de Dame rivière.
Chêne intrigué par les reniflements du petit rocher se pencha légèrement et s'inquiéta de sa peine :
-"Holà Caillou! ", dit il de sa grosse voix "Que se passe-t-il?"
-" Je ne sers à rien", hoqueta Caillou tristement. "Personne ne se soucie de moi. J'aimerais tant voyager et découvrir le vaste monde... être né oiseau ou poisson et m'en aller au fil de l'eau...."
-"Mais Caillou", reprit le grand chêne, "moi aussi, je suis planté là...J'y resterai jusqu'à la fin de ma vie...Nous ne sommes point bateau, que diable!
-"Je sais cela, dit tristement Caillou, "mais toi, tu es utile....Tu protèges et nourris un tas de petits animaux.... tu chantes avec le vent... et puis, ton regard porte loin, jusqu'à l'horizon où se lève le soleil.... alors que moi, je suis perdu ici, au milieu des hautes herbes"
Chêne en resta sans voix

Poisson qui se reposait à l'ombre de la berge, entendit la plainte de Caillou et fut ému de sa tristesse.
-"Hé Caillou" lança Poisson du bord de l'eau
-"Qui m'appelle?" demanda Caillou
-"C'est moi, Poisson" reprit le frétillant "Si tu arrives à rouler jusqu'à la berge, moi, je veux bien t'emmener sur mon dos pour découvrir le vaste monde. Je repars bientôt vers la mer" continua Poisson, qui n'en était pas moins saumon
-"Mais c'est impossible, je ne saurais" dit Caillou, "A moins que l'on ne me pousse.... mais personne ne passe jamais par ici"
-"Ne baisse pas les bras Caillou, je trouverai un moyen" dit Poisson têtu "Attend que je revienne, d'ici là, j'aurais trouvé". Et Poisson reprit son voyage vers la mer.

Quittant la vallée, Poisson passa près des constructions de Castor et de sa famille, tout  affairés à ériger un nouveau barrage. Poisson y trouva son idée. Castor en a encore bien pour quinze jours de travail, se dit-il. C'est plus que ce qu'il m'en faut.
De fait, de la rivière jusqu'aux flots impressionnants du grand fleuve avant d'atteindre l'embouchure qui s'ouvrait sur la mer, Poisson ne mit qu'une semaine pour rejoindre la grande eau.  Il s'éloigna quelque peu de la côte et de la surface, il cria vers le ciel
-"hé Nuage, viens par ici, c'est moi Poisson... Approche!
-"Que puis-je pour toi, ami Poisson", répondit Nuage en réduisant d'altitude
-"Je connais quelqu'un qui a besoin de tes services et de tous ceux de ta famille que tu rencontreras...... Vole jusqu'aux contreforts au delà de la vallée des grands chênes et déverse y toute la pluie aussi longtemps que tu le pourras...." continua Poisson.
Nuage, ravi que pour une fois, on requière toute la science de son humidité, ne se fit pas prier et s'en alla sur le champs
Poisson se retourna encore quelques instants pour suivre Nuage des yeux, puis satisfait, il plongea rejoindre les siens dans l'immensité de la mer

Cette année passa bien vite pour Poisson et déjà il remontait la rivière, de toute l'énergie de son corps luisant, pressé de retrouver son nouvel ami Caillou.
Passé l'impressionnant barrage de la famille castor, Poisson constata que son plan avait marché à merveille. Le barrage fermait l'entrée de la petite vallée et les pluies que Nuage avait déversé en amont ont progressivement transformé le lit tumultueux de la rivière en un magnifique petit lac paisible. Les grands chênes étaient maintenant au bord de l'eau et plus loin, on avait même construit un belle maison de pierre avec un ponton à bateaux. Il ne me reste plus qu'à retrouver Caillou au fond de l'eau, à le déloger de la vase et à l'emporter sur mon dos, se dit Poisson ravi. Et il se précipita vers l'endroit oû devait se trouver son ami. Devait.... car il eu beau chercher, fouiller, remuer toute la vase au fond de l'eau, il ne retrouva pas Caillou. Désemparé, Poisson remonta à la surface et hêla son ami tout au long de la berge

-"Ah, te voilà, toi! tonna la grosse voix de Chêne. "Je me doutais bien que tu étais derrière tout ça!", dit-il encore sévèrement. "Caillou n'est plus là et cela m'étonnerait qu'il te suive encore!"
-"Que...Que lui est-il arrivé?, s'inquiéta Poisson, impressionné par le ton du grand chêne
Grand Chêne éclata d'un grand rire de feuillage du plus bel effet, qu'il en perdit même quelques glands
-"Va donc voir du côté du ponton de bois, arsouille", fini-t-il par dire amusé.


Poisson nagea aussi vite qu'il pu jusqu'au ponton et appela son ami
-"Caillou, ouhou, Caillou..... c'est moi Poisson...
-"Je suis là, Poisson" lui répondit une petite voix joyeuse
Poisson regarda vers la maison d'où il lui semblait provenir la voix de Caillou mais il eu beau scruter les herbes, point de Caillou!
-" Ici, au-dessus de la fenêtre" reprit la petite voix enjouée de Caillou
Et Poisson le vit enfin.... magnifique....tout bien taillé et tout poli....là près du toit, au milieu des autres pierres du mur de facade de la belle maison...
-"Mais...mais comment va tu faire pour me rejoindre maintenant", gémit Poisson "J'ai échoué...fini le vaste monde...plus jamais nous ne partirons ensemble...Je suis désolé Caillou"
-"Ne soit pas triste Poisson" reprit Caillou guilleret "Je n'ai plus l'intention de découvrir le vaste monde. Je suis utile maintenant.... Je protège Homme du froid, du vent, de la pluie et des loups..... je suis entouré de mes amis.... et d'ici, Poisson, si tu savais comme sont beaux les reflets du soleil couchant sur les eaux du lac... C'est grâce à toi, Poisson.... sans ce lac, jamais homme ne serait venu vivre ici, tu comprends? Jamais il ne m'aurait choisi pour construire sa maison....... Merci Poisson.... Merci du fond du coeur"


Des petites larmes frétillaient encore au fond des yeux de Poisson lorsqu'il se décida à replonger dans les eaux nouvelles de SON lac. Des toutes petites larmes de fierté.... Avant de disparaître vers les siens, il entendit encore Caillou lui répéter :

-" Je suis une pierre, Poisson, point un bateau"

14:16 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

29/05/2008

Rain Man

0930Hr Il fait encore noir. Une sombritude inhabituelle. Ce peu de clarté s’apparente à celles d’une fin d’après-midi à l’approche des fêtes de fin d’année. On est en Mai. Seuls les fréquents éclairs qui déchirent le ciel illuminent de leur blancheur passagère, les pièces de l’appartement. Les objets et les meubles soudain surexposés dessinent des ombres fugaces et fulgurantes, aux lignes acérées et aux angles aigus. Puis s’éteignent aussi vite pour retourner dans l’immobilité de la pénombre.
Le ciel craque, tonne, gronde, bourdonne, claque, explose et lâche ses déchirures d’argent les unes à la suite des autres, comme une volée de lances enflammées. La pluie se déverse en grosses gouttes, nombreuses , serrées, violentes. Elles claquent sur le toit, sur les feuilles des arbres qu’elles déchiquètent et s’abattent avec rage sur le sol, sur la terre qu’elles creusent en sillon et se déversent en un flot tumultueux dans la rigole. Il est là, juste au dessus. Maître orage. Dans toute sa magnificence. Dans toute sa splendeur. De toute ses énergies.
Eole n’est pas en reste. Pliant les arbres, fouettant leurs branches, fracassant les nuées d’eau de ses rafales vers les maisons où elles éclatent sur les carreaux.
Je me réveille sous cette assourdissante folie du ciel, me lève pour témoigner de son impétueux spectacle et m’imprégner de toute cette force électrique. Je suis petit et me sens grand. Les cieux sont en transe. C’est la curée, l’hallali.
Au paroxisme de la fureur, Maître orage se déchaîne et fait trembler les vitres, les murs… la terre même !
Et moi, comme à chaque fois, torse nu à la fenêtre, je m’énergise, je me recharge. J’y puise force, courage, confiance. Je ne sais. Mais je m’en nourris.

Dans une heure, peut être plus, il s’en ira. Lentement. Grondant encore de temps en temps, juste pour te dire qu’il n’est pas loin. Pour te dire qu’il reviendra. Compte sur lui. Le calme qui t’envahi devient alors béatitude. Le silence devient présent, devient musique. J’aime aussi ce moment là.  Cet apaisement progressif et cette montée de silence. Ce moment où le calme exulte sa singularité, acquière la plénitude et envahi chaque recoin de la maison, chaque recoin de ton âme. Où il badigeonne sa sérénité retrouvée sur les murs noirs et tourmentés de l’orage. C’est à ce moment, primitif, où la peur quitte les yeux de mon chien et qu’il redresse la tête. C’est ce moment que choisit le chat pour sortir du dessous de l’armoire. C’est à ce moment aussi où reprennent les chants des oiseaux

Restera les marques, les plaies, les coups de griffes de toute cette passion déchaînée mais que la terre pansera bien vite… Restera encore un peu les brumes de la terre chaude et les odeurs qui s’évaporent. Puis restera les impressions. Enfin restera l’attente… Il reviendra le Grand Orage car il sait que tu as besoin de lui

17:57 Écrit par carpe diem dans Mes histoires, Mes préférés | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

28/04/2008

soirée de printemps

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Le jour précédent déjà, plus tôt dans la journée, j’avais observé un lièvre de longues minutes. Je m’étais assis à la croisée d’un chemin, au soleil. Il apparu sur le chemin d’où je venais, derrière moi. Un beau grand lièvre roux, avec un derrière tout blanc et une pointe noire aux oreilles. Placide, il sorti d’abord de la sapinière pour s’aventurer de l’autre côté du chemin de lisière. Là, avant le talus, une bande d’herbes fraîches où fleurissent quelques pissenlits, sembla parfaitement convenir à son appétit. Vigilant mais vorace, l’animal fit un sort à quelques pousses tendres et autres fleurs juteuses avant qu’un geste malencontreux de ma part, l’alerta et le fit fuir à toutes pattes dans le sens opposé.

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Je le vis en premier. Broutant dans un prairie de lisière. Seul, dans les herbes hautes au milieu des fleurs sous un ciel aux accents mauves de fin de journée. J’espérais le voir. Il était là. Presque à l’endroit que j’imaginais. Il regardait dans ma direction. J’étais immobile dans le chemin. J’avançai courbé, lentement, pas à pas, prenant bien soin de garder un arbuste de la haie comme écran entre lui et moi. Chaque fois qu’il levait la tête, je m’arrêtais, le souffle court, en équilibre parfois. Puis il se remettait à brouter me laissant le loisir d’avancer encore. Ici aussi un geste trop brusque au mauvais moment le fit déguerpir. Il parti de petits bonds dans la prairie, vers le fond que je ne pouvais voir. La fuite de ce chevreuil n’était pas franche. Il n’avait pas eu vraiment peur, juste s’était-il méfié. J’espérais donc encore le voir.

Je me redressais et repris ma marche dans le chemin longeant le pré. Lentement. Attentif.

Il était encore là. Juste au milieu. Où peut être était ce un autre. Plus loin derrière en effet, un deuxième aux aguets. Et un troisième le long de la haie du fond. Presqu’invisible. Ils me voyaient et je ne me cachais plus. Je restais là, sans bouger, à le regarder, lui, là, au milieu. Un jeune en pleine mue. Ivre de toute cette verdure, de tout ces parfums. Curieux, arrogant, il me défia. Il hésitait. Deux pas en avant avec ce petit hochement de tête significatif. Il aboya et se tournant de profil, il fit un bond en avant pour s’arrêter net à la réception. Il revint vers moi de deux trois pas, comme pour me provoquer. Aboya de nouveau et reparti d’un bond en avant. Il répéta cette attitude plusieurs fois se ménageant des poses pour m’observer lui-aussi. Puis tout d’un coup, deux bonds plus longs que les autres, un galop maîtrisé dans les herbes, plusieurs aboiements de suite et les trois chevreuils l’un après l’autres, disparaissent sous les frondaisons de la forêt. Et moi, qui reste là, encore immobile, les yeux écarquillés, reprenant doucement conscience de ce qui m’entoure. Certain d’avoir vécu une rencontre extraordinaire.

C’est après des moments comme ceux-là qu’on se dit qu’un objectif de 105 est bien trop « court »

Puis il y eu le retour, alors que la nuit commençait et que le grand-duc entamait sa « journée »

Presqu’une soirée d’été, sans vent, légèrement fraîchie mais encore très acceptable pour un petit café au jardin, sous la lumière du grand lustre extérieur pendu entre les branches du noisetier. J’eu l’attention attiré par le chien qui tournait autour d’une masse sombre au milieu du jardin. Un hérisson roulé en boule, tous piquants dressés, se protégeait ainsi des assauts ludiques d’Aki. Les chats eux attendirent que le maître eu reprit l’ascendance sur son chien, pour s’approcher curieusement, à tapi, de l’étrange animal. Puis, tout ce petit monde s’en désintéressa. Seul le frémissement des arbres sous une brise légère et les hululements d’un rapace nocturne venaient encore perturber le silence de la nuit. Le bruit d’un vélomoteur sur la route de la colline, là tout au loin, lacéra le calme manteau de la nuit tombée de sa pétaradante déchirure. Les changements de régime du moteur et les accélérations de la machine permettaient d’imaginer quelle portion de route il parcourait, quel tournant difficile il abordait et de suivre par la pensée, tout le trajet de la machine bourdonnante.

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Puis, il y eu ce bruissement de feuilles séchées dans la haie. Timide d’abord comme pour tester si quelqu’un avait entendu. Suivi d’un deuxième aussitôt interrompu comme pour être vraiment sûr que rien ne bouge. Puis une progression animale le long de la haie et Monsieur hérisson qui déboule dans le jardin, sans doute à la recherche de sa belle, toujours en boule à quelques mètres de lui, même pas. Rattraper le chien de justesse. Et le hérisson qui s’immobilise. « Oups, il y en a du monde ici » semble-t-il dire. Je m’approche à un mètre, doucement. Il ne bouge pas. On se regarde . Il ne se roule pas en boule. Il reste là sans bouger. Je me recule et me rassied. Un chat s’approche mais reste à distance. Le chat se détourne. Le hérisson fait volte face et disparaît derrière la haie.
Puis plus tard, l’autre sortira de sa torpeur, humant l’air la truffe au vent. Il fera demi-tour lentement, à l’affut de tout mouvement suspect, prêt à se remettre en boule. Il disparaîtra lui-aussi derrière la haie pour sans doute aller rejoindre son compagnon.

Belle soirée. Vraiment

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08/02/2008

Le corbillard (fin)

.../...
Il ne du pas attendre longtemps pour voir les nantis revenir vers lui. Lord peinait. Les obsèques dans le haut de la ville se faisaient plus fréquentes maintenant que le nouveau corbillard avait été attelé. Il était magnifique. Le bois précieux laqué noir rutilait. Quatre grandes roues cerclées de métal étaient accrochées sur deux doubles essieux. Des lourdes tentures en velour noir et bordeaux étaient accrochées aux montants du toit. Les familles aisées ne lésinaient pas sur les fleurs et les couronnes, déposées ou accrochées tout autour du corbillard. Les cercueils, eux-même, ressemblaient à des oeuvres d'art, en bois plein, sertis de poignées et de clous d'argent. Un tel attelage aurait aisément pu être tiré par deux chevaux. Mais Achille n'avait pas assez d'argent pour s'offrir un deuxième cheval. La majorité de ses économies avaient été englouties dans l'achat du corbillard. Pensez, un corbillard de chez Harold and son!!

Lord faisait peine à voir sur les chemins empierrés de la ville haute. De plus en plus souvent, sur les côteaux qui menaient au cimetière, les cantonniers se voyaient contraints de pousser le corbillard pour aider le pauvre cheval. S'en suivaient des cris  d'effort et des jurons peu appropriés. Souvent,  une couronne tombait ou quelques fleurs étaient arrachées par les mains calleuses des ouvriers. Cela ne manquait jamais de provoquer des commentaires peu flatteurs, voir réprobateurs parmis la foule qui suivait.

Achille, avec les bénéfices de quelques enterrements auquels il ajouterait les quelques économies qu'il lui restait misa sur la revente du fidèle Lord pour rassembler assez d'argent et ainsi acheter un jeune cheval, vaillant et fort, seul luxe qu'il pouvait encore se permettre s'il ne voulait pas voir ses affaires péricliter. C'était dit. Achille ne voulait plus travailler pour les quartiers "d'en bas". Même si les enterrements y étaient plus nombreux, beaucoups d'ouvriers se bornaient à transporter le cerceuil du défunt sur leurs épaules ou le payait en plusieurs fois, quand il était payé! La ville haute, elle, faisait vivre son homme!

A la foire agricole du printemps, Achille repéra un beau cheval noir, d'imposante stature, aux muscles saillants, au regard vif et aux jambes puissantes. Sa robe brillait, sa queue battait l'air à sa suite et des frissons d'excitation lui parcourait l'échine et les crins soyeux de sa crinière. Il était éblouissant. Et Achille fut ébloui ! Il du marchander sec et dépensa toutes ses économies. Il était tellement fier qu'il entendit à peine les hennissements terrorisés de Lord lorsqu'on le tira dans l'enclos réservé aux chevaux destinés à l'abattoir.

Achille était fier de sa nouvelle acquisition qu'il appela "Lancelot". Le cheval peinait mais parvenait toujours à s'en sortir par lui-même. Il avait du caractère. Un peu trop même. Achille parvenait parfois avec difficulté, malgré sa grande expérience de la conduite d'attelage, à contenir toute l'impétuosité de Lancelot. Parfois même, le cheval lui faisait peur. Il lui coûta l'usage d'un bras, la réputation de toute une vie et l'interdiction d'exercer encore.

L'enterrement du lady Sisley était l'occasion pour tout les notables du compté de se réunir. Son époux, le vieux juge de la ville, en était une des figures les plus respectée. Alors que le cerceuil venait d'être embarqué avec tout le cérémonial réservé à ce noble exercice, Lancelot, au repos jusque là au côté des fiacres et des calèches, s'ébroua et avança... Malgré les cris et les holas, il n'en fit qu'à sa tête pour se frayer un passage vaille que vaille au milieu des voitures hyppomobiles.  Il s'arrêta enfin à trois quart derrière une jument attelée qu'il entreprit de couvrir malgré la voiture attelée. Il s'ensuivit un brouhaha indescriptible entre la jeune jument bien décidée à ne point se laisser entrprendre sans en avoir donné son consentement, les cris et les gloussements offusqués de tous ces gens de société,  les bruits du bois et les cliquetis du métal des deux carioles qui s'entrechoquent...

Achille avait pensé à tout sauf aux plus mâles des attributs de son cheval et à la fougue qu'avait encore ce dernier pour satisfaire aux batifolages que lui dictait  le plus normalement du monde  sa condition de mâle en pleine possession de ses moyens. Achille sauta sur son siège et attrappa les rènes qu'il tira avec ardeur pour faire reculer le cheval. Il s'en serait finalement sorti s'il n'avait du compter avec l'aide aggressive et bruyante de deux cantonniers qui entreprirent de faire reculer le cheval à coups de bâtons sur les naseaux. Terrifié, Lancelot recula certe, mais il s'emballa, rua de l'avant, de l'arrière, avant de se lancer dans une course éffrenée sur le chemin qui redescendait vers la ville basse. Achille ne put rien pour le retenir et fini par être éjecté de son siège. Le corbillard fou dévalla toute la colline, semant fleurs et couronnes pour disparaître de la vue de la foule effarée.  Le cerceuil gisait au milieu du chemin, brisé par la chute, à moitié enseveli sous un amas de fleurs éparses.

Personne ne fut blessé, hormis Achille, dont la fracture du bras droit, ne se remit jamais totalement. Lancelot, jugé trop dangereux, fut abbatu. Achille outre une forte amende dont il ne se remit jamais non plus, fut banni de la très respectueuse confrérie des croques mort anglais et subit encore aujourd'ui les railleries et ricanements de toutes sortes, lorsque de sa main gauche, il demande l'aumône dans les ruelles sombres de la ville......

MORALITE : L'étalon d'Achille

23:43 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

07/02/2008

Le corbillard (2)

.../...
Achille décida ce jour-là d'acheter un nouveau corbillard. Un clinquant noir, rutilant et imposant. Avec avec de jolis rideaux noirs et mauves, bordés d'or. Avec aussi de fiers plumeaux voletants au vent, flanqués de deux belles grosses lanternes.

Cela faisait quinze ans maintenant qu'il avait rangé ses outils de menuisier. oh, pas totalement. Juste faisait-il depuis des cercueils en lieu et place de buffets de ferme et de chaises. Et depuis quinze ans maintenant, il assurait le service mortuaire avec sa vieille charette qu'il avait maladroitement repeint en noir pour l'occasion. D'un ministère qu'il avait d'abord accepté pour  dépanner, du temps où la ville n'était encore qu'une bourgade de paysans et de métayers, il en était progressivement arrivé à en faire son activité principale.

Depuis plusieurs années, Ashtonburry ne cessait de grandir. Les ouvriers affluaient des comptés voisins. L'industrie textile continuait de se développer. La mécanisation des métiers à filer et à tisser, l'apport de l'hydraulique amenèrent nombres de manufactures à se créer et à grandir. La première ligne de chemin de fer en 1830 jusqu'à Manchester et la diminution des taxes d'importation de la soie, permirent un développement encore plus important des nouvelles usines. Des familles entières travaillaient souvent aux mêmes endroits. La ville prospérait entre ses quartiers aux petites maisons identiques et "ceux-de-là-haut", aux belles villas entourées d'arbres.

Achille, lui, vivait un peu en retrait du bourg qu'il observait d'un oeil attentif. Et même s'il conduisait indifféremment sa charette sur le Haut ou vers le Bas de la ville, il constatait que la séparation se marquait de plus en plus. Et si "ceux d'en bas" connaissaient bien Achille, c'était parce qu'il s'y rendait bien plus souvent que "là-haut".

Cela faisait plus de sept années que Lord avait remplacé Peper. Même s'il commençait lui-aussi à se faire vieux, il tirait encore la charette d'Achille avec ardeur et courage. Les enfants d'en bas éprouvaient une sympathie particulière pour le vieux cheval. Ils lui offraient souvent une feuille de choux ou un navet. Parfois même, il avait droit à un carotte ou une pomme. C'était Lord qui tirait les mort et les conduisait à leur dernière demeure. Ils le respectaient pour cela

Achille, au début, ne faisait payer que les planches des cerceuils. Souvent, les ouvriers le payaient en nature, tabac ou provisions. Ce n'est que lorsqu'il n'eut plus le temps de se consacrer à l'ébénisterie qu'Achille se fit payer en argent sonnant et trébuchant.

Mais depuis quelques temps, il sentait que les "gens de là haut" hésitaient à faire appel à lui. Il avait constaté, pas plus tard que la semaine dernière, qu'un notaire transportait à l'aide de son propre attelage, le cerceuil de sa femme. Sa charette n'était plus assez bien pour ces gens-là! Soit. Ce matin, on lui livrait son tout nouveau corbillard acheté chez "Harold and Son" à Manchester. Lundi, il se dégotterait  une vieille redingotte noire du plus bel effet......

((A suivre)

21:20 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/02/2008

La clairière

Cela faisait déjà plusieurs jours qu'elle s'arrêtait là pour l'admirer. Plusieurs fois par jour même. Elle quittait l'interminable procession pour s'approcher du carreau et elle restait là de longues minutes à le regarder intensément. Comme transportée.

La trace quittait le parterre de rosiers pour monter le long de la façade jusqu'à l'appuie de fenêtre. Une fois celui-ci traversé de long en long, elle suivait un câble électrique pour rejoindre la terrasse. Là, une vieille tartine de miel oubliée, tombée de la table du petit déjeuner, faisait le bonheur de la colonie depuis une semaine déjà.

C'est en détournant la tête un matin qu'elle l'avait aperçu à travers la vitre du salon. Elle avait ralenti, attirée par son incroyable beauté. Mais elle avait rapidement du reprendre ses esprits, tancée par ses congénères qui la suivaient : "Allez, avance! Tu encombres le chemin. Travaille au lieu de rêvasser! " Au passage suivant, elle décida de quitter la trace et s'approcha discrètement du rebord de la fenêtre.

Il était magnifique. Bordé d'un encadrement d'or, ciselé et travaillé comme les plus grandes toiles. Le paysage, une peinture à l'huile, trônait au dessus d'une grande cheminée. La pièce était chaude mais sombre. Mais la chaleur des couleurs et l'incroyable clarté qui se dégageait du tableau l'égayaient comme par enchantement. Une clairière à l'automne, aux tons mordorés, éclairée par les rais du soleil, perçant au travers des branches des arbres

Il représentait l'endroit où elle avait toujours rêvé habiter. Une fourmilière cathédrale d'humus et d'aiguilles de pins qui s'élève d'entre les arbres. Sentant bon la résine. Au milieu des bruyères et des genêts. Aux côtés des pics, des chevreuils et des écureuils. Et non dans ce trou ridicule, creusé entre les herbes, aux pieds de la cabane à outils d'un jardin de banlieue.

Elle se décidait toujours à reprendre le travail mais ne pouvait s'empêcher de venir l'observer à chaque passage sur l'appuie de fenêtre. C'était plus fort qu'elle. Un jour où le soleil inondait le jardin de ses rayons, elle remarqua que la fenêtre avait été laissée ouverte. Il fallait qu'elle profite de l'occasion. Il fallait qu'elle se décide à aller le trouver. Surtout que la tartine diminuait dangereusement  et que la trace serait bientôt abandonnée. Transgressant toutes les règles de la colonie, elle quitta les rangs pour se faufiler à l'intérieur de l'habitation.

Elle descendit sur le plancher pour remonter péniblement le long d'une chaise et se poster, bien en face du tableau, sur le dossier. Elle pouvait ainsi l'admirer de tout son saoul.  C'est alors que lui aussi la remarqua et le premier, lui adressa la parole :
-"Que faites-vous là....et... et qui vous permet, petite sauvageonne!
- J'admire votre grâce et me plonge dans toute l'intensité de vos couleurs" répondit la petite fourmi sans malice
-"Voulez-vous bien déguerpir, petite malheureuse! Ma beauté et mon rang ne peuvent souffrir que des yeux si peu éclairés ne souillent ma personne de leur regard. Pour qui vous prenez-vous, petite imprudente. Ici n'est point votre place. Retournez donc à vos travaux herbagers et cessez donc d'importuner de votre disgracieuse présence, la sérénité de ce lieu!"
La petite fourmi ne sut quoi dire. Elle fit volte face et disparu au plus vite qu'elle le put, les yeux tout embués, le coeur tout brisé. Jamais, elle n'avait rencontré d'être aussi imbu de sa personne. Aussi hautain.

Les jours suivants, elle n'y retourna pas. Elle était trop secouée. De plus, la trace avait changé de destination. Il ne restait que quelques mies sèches sur la terrasse. Aussi, la colonne de fourmi, se rendait-elle maintenant terminer le nettoyage d'un berlingot de jus de pomme, abandonné par un gamin, le long de la haie de l'autre côté du jardin.

Mais la petite fourmi n'avait plus trop le coeur à travailler. Toutes les nuits, dans les profondeurs de la fourmilière, son esprit vagabondait au milieu des grands pins. Là où le vent chante dans les hauts arbres. Là où les rayons de soleil, jaunes et orangés, percent en scintillant les brumes matinales
Toutes les nuits, vous dis-je, elle repensait à son beau paysage.

Un soir, alors que toutes les petites travailleuses regagnaient l'abri douillet de la fourmilière, elle n'y tint plus. Quitte à se faire bannir à tout jamais de la colonie, elle transgresserait une fois encore les règles strictes de la communauté. Il fallait qu'elle le revoie. Et il lui fallait lui parler. Lui dire tout ce qu'elle s'était répété durant ses longues heures d'insomnie. Tout ce qu'elle avait sur le coeur. Et puis après, elle serait soulagée et peut-être l'oublierait.

Elle refit le chemin à la nuit tombante, répétant inlassablement son discours. Plus elle s'approchait et plus son coeur battait. Et il failli s'arrêter lorsqu'à sa grande surprise, elle constata qu'il n'était plus là. Qu'il avait disparu! A sa place, une photo contemporaine d'une grande ville grise, ses poutrelles en acier et ses panneaux de verre. De lui plus aucune trace, hormis un fin liseré jauni sur le mur. Elle avait trop attendu et l'avait définitivement perdu.

Tristement, elle revint dans la nuit noire retrouver les siens. En passant près de la cabane à outil, elle perçu comme un gémissement entrecoupé de reniflements sonores.  Inhabituel à cet endroit. La petite fourmi curieuse, se glissa entre deux planches et s'approcha de l'endroit d'où provenait le bruit.
Il était là, négligeamment posé sur deux cartons de livres. Dépouillé de son cadre. En pleurs, décomposé, il avait perdu de sa superbe. Ne restait que ce somptueux paysage. Son essence même...... son âme en quelque sorte

Elle lui parla. Il ne la repoussa pas. Longuement elle lui dit ce qu'elle avait sur le coeur. Elle lui dit qu'il n'était pas que peinture sur la toile. Elle lui dit ce qu'il représentait pour elle mais aussi pour un tas d'autres petits animaux de ce jardin. Elle en était persuadée. Elle le convainc
Il sécha ses larmes. Il savait à présent qu'il ne serait plus jamais seul.

Hé oui, mes amis, croyez moi. C'est ainsi que débuta la plus extraordinaire histoire d'amour entre le jeune cadre....... et la petite ouvrière.

 

 

15:54 Écrit par carpe diem dans Mes histoires, Mes préférés | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

24/11/2007

Le corbillard (1)

1846. Sous un pâle soleil d'octobre, la petite ville d'Ashtonburry termine une matinée tranquille d'un samedi ordinaire.
 Les marchands remballent leurs cageots de légumes qui s'empilent dans les charrettes. Les poissons invendus sont remis dans leur glacière. Les étals se vident petit à petit. Des hommes en bras de chemise roulent bruyamment des tonneaux de bière et les embarquent sur un char. Les auvents sont déjà presque tous repliés.
Deux garnements, un quignon de pain dessous leur veste, s'encourent et se faufilent entre les passants pour disparaître au coin d'une rue. Un gros bonhomme ventripotent jure à qui mieux mieux en tentant d'extraire son sabot de la fange de l'égout qui court tout le long d'une ruelle adjacente. Deux chiens de pauvre mine se faufilent entre les planches d'une palissade, en quête d'une pitance facilement glanée.  Quelques charrettes à bras attendent patiemment le retour de leur propriétaire, lesquels devisent à grand renfort de gestes au pied d'un réverbère à gaz. Un chariot attelé à un vieux cheval pie, s'ébranle. Un Suffolk Punch, au poitrail imposant, s'ébroue et piaffe d'impatience tandis que son maître termine de le harnacher.
La place se vide. Sur une caisse, un chat termine sa sieste, s'étire longuement en baillant et se rassied, considérant la cohue autour de lui d'un air indifférent.
Certains commerçants s'attardent encore au zinc des comptoirs des pubs. Ils y seront bientôt rejoints par les ouvriers textiles qui vont terminer semaine

 Dans quelques minutes vont retentir les sirènes des usines, déversant dans les rues leur flot d'ouvriers, sales et éreintés, qui rentreront chez eux ou s'attarderont encore avec les braillards du "Poney Fringuant" ou au bar de "La Belle Galante"
Sur les rives de l'Irwell, quelques ouvriers terminent encore le déchargement d'une barge de ses lourdes balles de coton.
Depuis plusieurs années, le paysage a bien changé dans le compté du Lancashire. Les petites bourgades agrippées aux rives de l'Irwell, à l'image de leur grande soeur Manchester, se développent et s'industrialisent aux dépends de yeomen et des propriétaires agricoles. Les petites exploitations de tabac, dont on pouvait encore apercevoir les feuilles  brunes sécher au soleil des coteaux, disparaissent. Les petits fileurs et les tisserands agricoles ont cessé leurs activités et sont venu grossir la masse des ouvriers des manufactures de coton, des filatures de laine et même maintenant des nouvelles soieries.
Les manufacturiers, les industriels, les banquiers et hommes de loi, leur famille et tous ces gens de bonne condition et surtout de bonne fortune, ont investi les collines avoisinantes. Ils y ont, depuis quelques années déjà, construit leurs belles demeures, entourées de magnifiques jardins
 .

Achille ne suivait plus. Il se décida ce jour-là

(A suivre.... suite et fin pour demain probablement. Me reste plus qu'à l'écrire en somme ;o)

 

20:47 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/06/2007

walking to the moon

Elle plongea son regard dans ses yeux atalantes. Lentement, elle se perdit entre les collines verdoyantes où ondulent les hautes herbes caressées par la brise.... Entre le vert impénétrable des forêts du nord où les brumes  matinales font danser de petits êtres imprécis entre les fougères. Elle découvrit la chaleur brûlante des rivages isolés, bercés par le reflux des vagues d'écume. Elle y plongea dans les récifs coralliens, caressée par les ondulations multicolores des poissons des mers du sud. Elle frôla d'un vol ample et libre les sommets enneigés des montagnes himalayennes, soulevant au passage de fins nuages étincelants de neige poudreuse, dernières étoiles de terre avant l'immensité du ciel. Elle y découvrit des allées sous les glycines, des chemins perdus entre les dunes, des sentiers de berger entre les rochers, des passerelles de bois sur le ruisseau, un banc sous le tilleul et des champs de blé mûr bordés de coquelicots

Sa peau exhaltait les odeurs suaves de la forêt après l'orage, où se mêlait des parfums de fraise des bois et de chèvrefeuille.

Elle ne connaissait plus les raisons... ni de raison. Elle n'eut plus pu dire pourquoi,  ni comment. Elle était là, c'est tout... et c'est tout ce qui lui importait à présent. Tout juste espérait-elle encore ce regard comme unique horizon et la douceur de ses doigts qui innondaient les ondulations de sa peau d'infimes et précises caresses.

En cet instant d'éternité, seuls comptaient encore de sa vie, ce regard et ces doigts sur son corps. Elle ne désirait plus qu'une chose : Qu'ils s'y perdent à leur tour pour toujours ou pour longtemps encore....et encore.

Il lui sussura doucement au creux de l'oreille, d'un timbre d'une profondeur de nuit, qu'elle avait la beauté d'un arc-en-ciel qui se détache dans les gris d'un ciel d'orage. Qu'elle était comme un escalier multicolore pourfendant les nuages à la recherche du soleil. "Tu es une pierre de Lune et ton pays est celui où vivent tes soeurs les fées" dit-il encore

Elle frissonna et se cabra

 

Sur le CD, Sting terminait par "I send a SOS to the world. I hope that someone get's my..." de Message in a bottle. Elle savait que suivrait "Walking on the moon"

Elle soupira de plaisir

22:55 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

20/04/2007

Il part

images

Il était triste. De petites larmes naissaient fébrilement aux coins de ses yeux bleus. Il était en rage aussi. Il fronça les sourcils et de petites rides se dessinèrent sur son front.

Il allait partir. Il allait la laisser. La laisser pour toujours.Comment avait-elle pu? Elle était tout pour lui.

Depuis de nombreuses années, ils partageaient tout ensemble. Ou presque. Il l'aidait à faire les courses. Elle lui avait patiemment appris à conduire. Il la consolait quand elle était triste. Elle le rassurait quand il avait peur. Il adorait la regarder cuisiner en fredonnant des airs improbables qu'elle inventait pour le faire rire. Toujours, elle l'encourageait dans ses délires scripturaux où il mélangeait les couleurs les plus folles.

Une larme s'échappa de son regard et coula, frissonnante, sur sa joue

Dès le début, ils avaient vécu en symbiose parfaite. pendant plusieurs mois, ils ne s'étaient quittés... Elle, elle était heureuse avec lui. Lui, il le savait, il le sentait. Elle, parfois, elle lui chantait des chansons gaies. Lui, il faisait tout pour être le plus tendre possible. Elle faisait tellement pour lui être agréable. Leur première rencontre fut un choc pourtant et déjà, il savait qu'il ne pourrait s'en séparer. Non. Pas comme ça. Pas maintenant.

Une larme quitta le galbe de sa joue et s'en alla s'écraser dans la poussière de l'allée qui séparait la maison de la grille en front de rue

Cela faisait maintenant six ans qu'ils vivaient ensemble. Dans cette maison, entourée de ce grand jardin qu'il aimait tant. Sous le même toit. Avec lui, pour lui, - du moins l'avait-il cru jusqu'à ce jour- elle était toujours gaie et cajoleuse. Caressante et enjoleuse. Il la trouvait belle. De plus en plus belle. Indispensablement belle

Et il venait de lui demander sa main... Oooh pas comme ça. Il ne savait pas parler de ces choses là. Il se rendait compte qu'il n'avait jamais su. Non. Il lui avait juste dit qu'ils se marieraient....plus tard. 

Et ce fut le choc auquel il ne s'attendait pas. Elle lui dit que ce n'était pas possible...qu'elle l'aimait mais n'était pas amoureuse de lui...qu'elle aimait quelqu'un d'autre...qu'il ne fallait plus y penser..

Un grondement montade son ventre pour gonfler sa poitrine comme pour extraire un cri qui ne vint pas..Il contint ce cri derrière ses yeux en un tremblement de larmes, de fureur et de rancune. Ce cri coula en douces syllabes chaudes sur ses joues. Plutôt que d'exploser, il traversa la maison en courant, les yeux embués de tristesse et ne s'arrêta qu'une fois sous le soleil de l'allée.

C'était décidé. Il partait. Il la quittait. C'était trop dur. Trop violent. Trop abrupt. Il ne comprenait pas. Il ne la comprenait pas. Il devait partir. Il enfourcha son tricycle et pédala de toute la force de ses petites jambes tout le long de l'allée jusqu'à la haute grille en fer forgé.

Il l'entendit l'appeler de sa voix fluette et légère. Presqu'enjouée : "Michel...revient....ne fait pas la tête....les crêpes sont chaudes..." Décidément, elle ne savait pas vivre sans lui. Elle ne lui avait pas laissé le temps de s'en aller vraiment. Et puis que ferait-elle sans lui?

Il renversa son tricycle dans l'allée, fit volte-face et couru le plus vite qu'il pu pour sêcher ses larmes au creux du sourire radieux de sa maman chérie..... et noyer sa tristesse d'enfant sous une montagne de crèpes au sirop d'érable...........

tricycle

 

19:46 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

08/10/2006

le grenier (suite 2)

 

Train 4

La première chose qui s’imposa à son regard, ce fut cette grande plaque de bois posée sur des tréteaux au milieu du grenier. Il en avait déjà vu de semblable au milieu des brochures qu’on reçoit peu avant Noël. Mais jamais il n’avait encore pu admirer en vrai des verts vallons scintillants parsemés de vaches en plastique  et des montagnes carton-pâte saupoudrées d’une blancheur ouatée, transformer un coin de mansarde poussiéreuse en campagne tyrolienne plus vraie que nature. De petits chalets de bois s’accrochaient aux coteaux pailletés de vert. Des sapins étendaient leurs branches de fil de fer tout autour d’eux. Sous leur soupente, s’amoncelaient  des tas de bûches ignifugées en prévision de cette neige qui ne tombe jamais. Un petit chemin graveleux descendait entre les cailloux blancs du Rhin et les galets ramassés sur une plage normande pour rejoindre une route autocollante en contrebas.   

VO3837

Dans la vallée, un petit village égayait ses maisons de plastique autour d’un église dressant fièrement son clocher vers un plafond sans ciel.

Il reconnut la scierie d’abord, un peu en dehors du village. Puis laissa progresser son regard vers la fontaine au centre de la place. Tout autour, il admira les étals du boulanger, du boucher et les jambons qui pendaient derrière la petite vitre ; le légumier et ses cageots disposés sur le seuil. Et puis la gare et sa grande horloge aux aiguilles immobiles qui pendait au dessus des quais. De petits personnages peints déambulaient leur bonhomie figée dans les rues et les ruelles.

VO3839

 Sur les marches de l’église, le curé en soutane devisait d’éternité poussiéreuse avec deux bigottes tenant fermement leur marmaille impatiente par la main. Là, un ramoneur déjà tout noir grimpait prudemment sur sa petite échelle collée vers le faîte d’un toit, pour, sans doute, y nettoyer les conduits de cheminée de toute la poussière accumulée depuis des années. Sur la place, un glacier en triporteur rassemblait les enfants aux cerceaux et ballons autour des tons pastels de sa glacière mobile. Là encore, sur les coteaux, un berger ennuyait sa lassitude couché contre un arbre en plastique, laissant la tranquillité immobile de son troupeau à la vigilance nonchalante de son chien à l’œil taciturne.

Ses yeux se mirent à chercher avidement deux choses qu’il n’avait pas encore remarquées mais qu’il était persuadé de trouver. Deux choses qui font partie intégrante d’un réseau ferroviaire qui se respecte et qu’il n’imagina pas un instant ne pas découvrir. Sa quête fut rapide.

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Les rails s’enfonçaient dans les flancs des contreforts de la maquette. Le tunnel ressortait de l’autre côté de la montagne. Un beau tunnel, cerné de pierres taillées formant de part et d’autre un bel arc de cercle d’où s’échappait une noirceur profonde. Il découvrit la deuxième chose qu’il pensait indispensable, du côté du village, où deux petites barrières rouges et blanches dressaient crânement leur verticalité parallèle vers la lucarne du toit. Un tunnel et un passage à niveau… Non, deux ! Il en remarque effectivement un deuxième fermé sur quelques voitures métalliques qui allongeaient leur file en une impatiente sérénité. C’était donc bien un vrai train électrique

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Seulement alors, son regard se posa sur le deux trains attendant en gare. Bien alignés sur leur voie. Une vieille loco vapeur, toute de noir vêtue, tirant des wagons voyageurs presqu’aussi vieux qu’elle, côtoyait une rutilante motrice de métal qui étendait derrière elle, une foule de wagons-citerne et de portes-container en un convoi presqu’aussi long que la gare elle-même. Un décor d’éternité qui allongeait ses ombres sous la lumière diaphane de la lucarne….

Soudain, il senti un autre regard que le sien et un frisson le parcouru... 

(A suivre..)

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03/10/2006

Le grenier (suite)

Le petit garçon se hissa comme il put. Ses pieds avaient quitté l'escabelle et balayaient l'air comme pour aider ses petits bras à le tirer vers le haut. Il resta un moment debout au bord de la trappe. Interdit. Ses yeux s'habituaient lentement à la pénombre. Sa bouche s'entrouvrit au fur et à mesure que ses yeux s'écarquillaient. Son appréhension du noir et ses hésitations à pénétrer dans cet endroit inconnu, s'estompaient et laissaient place maintenant à de l'excitation mêlée de curiosité. Ses yeux, comme de petites lucioles joyeuses vagabondaient à présent parmi les ombres, de plus en plus distinctes qui révélaient enfin toute la magie du spectacle qui s'offrait à lui. Il avança les mains instinctivement vers cet univers, transporté au travers du mystère de ses rêves. Il sourit, imaginant les heures....

 

 Il tomba amoureux de la verrière, sorte de jardin d'hiver, de remise ou de serre, accrochée à l'arrière de la maison. Un passage obligé vers le jardin, comme une transition entre le sombre et la lumière, entre l'âtre et l'hiver ou la fraîcheur et le soleil. Une belle ancienne verrière, avec de longs carreaux rectangulaires, séparés de montants en fer forgé. Où les écailles d'une peinture verte, blanchie et patinée contrastait avec le vert profond d’un plant de lierre grimpant à l’arête et qui donnait à l’endroit encore plus de caractère. Elle avait servi de remise à son ancien propriétaire. Et entre les tinnes et l'arrosoir en métal, les sachets de graine, les trappes à souris, la bêche, le râteau, le transat de toile rayée et la brouette ; lui, il y voyait déjà son atelier d'artiste.

(A suivre)

23:15 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

29/09/2006

le grenier

"Alors que la lourde trappe se soulevait dans un grincement que personne n'avait plus entendu en cet endroit depuis fort longtemps, sa petite tête blonde apparu dans cet univers aux vieilles couleurs grises de poussière. Son regard se porta immédiatement sur ce halo bleuté de lumière de lune pénétrant l'endroit par la lucarne du toit. La poussière que souleva le battant de la trappe en retombant sur le plancher,  se mis à tournoyer dans cet espace de lumière comme des milliers de petites étoiles scintillantes

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Il n'avait pas remarqué cette trappe directement en rachetant la maison. Une belle bâtisse de village, à la sortie du bourg. Construite en pierres du pays, de gros moellons solides formant des murs épais percés de petites fenêtres à croisillons.

Un beau mur de pierre séparait le jardin de la route, la quiétude du tumulte de la vie. Un mirabellier  décharné, planté en un angle du jardin opposait encore vaillamment sa maigre récolte aux fruits juteux du poirier étalant ses bras majestueux sur la surface de l'échalier accroché au mur de la façade est.

La maison était calme, tranquille, soigneusement rangée lorsqu'il la visita pour la première fois. A l'image de son jardin potager où des massifs de plantes grasses et fleuris côtoyait les lignes superbes de salades ou de carottes. Où l'apparent fouillis des plants de potirons contrastait avec la martiale linéarité des poireaux. Tout semblait avoir été planté selon un plan de bataille rigoureux. Tout paraissait être à sa place, propre et net, sans la moindre herbe folle entre les lignes. Comme immuable.

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Et pourtant, en y regardant bien, toutes les lignes étaient cassées, le regard montait sur les perches des haricots, au bout d'une ligne d'épinards, quelques plants de poivrons réveillaient la vertitude sombre de quelques points de rouges épars se dégageant d'entre les feuilles. Tout avait été pensé et planté religieusement pour en faire un endroit agréable et reposant. Comme ce banc, déposé discrètement près des semis de romarin, de thym et de toutes ces plantes odoriférantes. Oui, posé là intelligemment pour qu'au plaisir des yeux se mêle aussi le plaisir des sens...

(A SUIVRE)

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Photos : Mitch

20:25 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/09/2006

Brocante

Envie de repasser les plats. J'aimais bien le début de mon tout premier post.... perdu dans un texte trop long et écrit trop petit...le revoici remanié... juste pour me faire plaisir.

                                       

Et étaler des vieilleries sur une bâche bleue à même le sol, plastifiée et disgracieuse à souhait, sur laquelle il ne manque que de grosses fleurs jaunes ou oranges comme sur les imprimés des tentures anciennes d'un kitch nauséabond ou des maillots une-pièce des vieilles impudiques plus très fières ou putréfiées, c'est selon.......

Et disposer religieusement, avec un soin d'horloger manucuré les petits objets rigolos, interpellants ou intéressants, telle cette collection de soldats de plomb, avec une infinie patience sur la table somptueusement recouverte d'un drap rouge écarlate. Car en brocante, c'est bien connu...... La hauteur de la place attribuée à chaque objet est proportionnelle au nombre de chiffres avant la virgule....... Comme si l'intérêt que porte les petites gens à l'acquisition d'un objet forcément bon marché était d'une si ridicule importance qu'on leur imposât de surcroît  à baisser la tête et courber les dos pour s'en saisir.... Comme pour s'excuser de n'avoir que ça à s'offrir, ultime humiliation à leur condition bancale.....

Et puis le plaisir de retrouver les autres marchands, grivois et douteux parfois, truculents souvent...... Les habitués sympathiques qui vous saluent et les habituées sympathiques qui vous allument..... Les zoolandais, qui, comme les hirondelles, reviennent dès les beaux jours....avec le portefeuille rempli... Les curieux qui vous saoulent de questions souvent idiotes, qui se muent en connaisseurs avides, la bouche en cul de poule, l'oeil avisé et sournois ou qui devisent l'air faussement intéressé sur l'usage de tel ou tel objet, peuplant de souvenirs béatement juvéniles la mémoire défaillante de leur enfance sucre d'orge. Objet qui s'avère n'être par ailleurs que l'élastique rouge qui potégeait l'emballage du sandwich jambon-beurre englouti précédemment entre l'alignement du quinzième soldat de plomb et le redressement des quatorze premiers sous les jurons que je vous épargnerai ici........

Mais aussi les fausses blondes range roverdiennes et leur marmaille endimanchée et infernale sur laquelle elles posent le regard complaisant de la mère bienveillante (et mal vieillissante) disponible le week-end seulement tandis que ses "touche-pas-à-ça-ptit-con" triturent de leur petits doigts crochus et désespérement gauches, les soldats de collection alignés à force de vertueuse patience et qu'il va falloir, à n'en point douter, une xième fois redresser en une soldatesque colonne. Elles sont généralement précédées de leur animal de compagnie, un bâtard au foulard Hermes promenant, outre le Golden de concours shampouiné, un air suffisant et détaché sur le peuple qui l'entoure, ses enfants y compris......

Bref, un spectacle de rue, du théatre de boulevard, la Commedia dell'arte du dimanche matin.... Rempli des odeurs de vieux cuir, de poussière âcre, de parfum suintants, des café-thermos et des arômes caramélisés des gaufres chaudes 

 

Photos : Mitch London

01:24 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

15/09/2006

Invulnérable....(suite)

 

Il se réveilla lentement et sorti doucement de son immobilité transie. La musique s'était tue depuis longtemps. Il avait vidé son verre sans trop s'en rendre compte. Toute la chaleur de son bain ne formait plus qu'une mince pellicule lui enveloppant le corps, comme une deuxième peau de latex. Il se figea de peur de remuer cette eau froide qui l'entourait. Il savait que tout mouvement le ferait frissonner. Il regarda autour de lui. La vapeur sur la vitre s'était déjà transformée en goutelettes dont la lente progression dégoulinante contrastait avec la pluie du dehors qui fouettait encore les carreaux. Les bougies vacillaient dangereusement. Elles mourraient bientôt

Il se leva d'un coup. Il attrapa la serviette éponge qu'il avait placé sur le radiateur. Il s'y enfouit le visage et inspira profondément. Il en appréciait autant cette chaleur douce que le parfum de lavande qui se dégageait de cette serviette propre. Il resta ainsi un moment. La serviette pendait devant lui et lui effleurait le sexe. Il senti le bas de son ventre se serrer. Il bougea légèrement les mains comme pour se sêcher le visage et imprima à la  serviette un léger mouvement de vas et vient.  Comme pour s'essuyer le visage mais au fond il appréciait cette exitation qui l'envahissait, son membre raide qui durcissait sous les caresses douces du tissu éponge. L'excitation gagnait sa poitrine et puis sa gorge. Il pensa un moment se laisser aller. S'abandonner au plaisir solitaire. Se ravisa. Il respira. Gonfla sa poitrine et sorti de la baignoire.

Sec, il enfila juste son pantalon  indien, aux motifs bigarrés. Le retroussa jusque sous les genoux. Il sourit en regardant ses mains, ridées d'avoir plongé trop longtemps dans l'eau. Il alluma d'autres bougies, lueurs nouvelles aux côtés des flammes qui s'amenuisaient. Il se dirigea vers la cheminée. La veille déjà, il avait préparé une bonne flambée. Qu'il n'avait finalement pas allumé. Cela tombait à point. Il mit le feux aux journaux et admira les flammes qui s'élevaient. D'abord timides, puis vaillantes et féroces en s'attaquant aux brindilles et au ptit bois sec. La chaleur de belles flammes dorées et ardentes lui lècha bientôt le torse. Il ajouta alors quelques bûches. Les flammes se firent moins imposantes. Elle perdirent de leur splendeur pour entamer avec persévérance la lente combustion du bois

Dans la cuisine, il attrappa dans le panier, de généreuses poignées de champignons des bois. Bolet, chanterelles et pieds de mouton envahirent ses narines de leur senteurs suaves et pénétrantes. Il les avait cueilli dans les brumes du petit matin. Il les avait nettoyé patiemment en rentrant. Ils chantaient à présent dans un grande poèle au son de l'huile d'olive et de cèpes, saupoudrés d'ail; de sel et paprika et de quelques moulinettes de cet excellent poivre aux trois grains, parfumé à souhait. Dans une autre poèle, il fit grésiller quelques lardons. Il cisela encore deux tranches de ces merveilleuses tomates italiennes dont il engloutit le reste avec délice. Il aimait le goût de ces tomates, gorgées de soleil et d'images toscanes. Mais il adorait encore plus sentir leur jus dégouliner entre ses doigts, sur ses poignets. Et le long de sa bouche et de son menton lotsqu'il y mordait goulûment, à pleines dents. Il préchauffa son vieux four à gaz qu'il n'aurait remplacé pour rien au monde et enfoui deux tranches de pain aux noix dans le toaster. Il déglaça les champignons au vin blanc et en profita pour se servir un nouveau verre. Il surseauta lorsque le grille pain ejecta deux belles tranches dorées, qu'il plaça religieusement dans un plat à gratin. Elles disparurent complètement sous un épaisse couche de champignons et de lardons. Il completa d'un filet de crème et d'un peu d'huile de noisettes et n'oublia pas de placer une rondelle de tomate sur chaque tranche avant de rajouter une bonne poignée de gruyère rapé. Il enfourna satisfait.

Il mangea de bon appétit sur la petite table en marbre de sa terrasse. Il ne tonnait plus mais la pluie tombait toujours dru. Bien que protégé par un petit toit de bois, une rafale de vent plus espiègle, envoyait de temps à autre, quelques gouttes de pluie se perdre sur la table ou sur ses pieds nus. Au travers de la porte ouverte, il pouvait admirer le feu vaillant, dans l'âtre. Il aimait ce contraste. Entre fraîcheur et chaleur. Entre virilité et douceur. Il aimait ces contrastes de sa vie, de son être. Il les savait

Il rapprocha les bougies de son fauteuil club devant l'âtre. Il remis quelques bûches et se servit un verre de calva. Il ne put s'empêcher de le porter directement à ses lèvres. Sans attendre. Et sentir la chaleur de l'alcool lui emplir la bouche. Le laisser descendre en lui en un filet brûlant et pouvoir imaginer le trajet de cet alcool qui envahi maintenant son être tout entier. Fermer les yeux. Ouvrir la bouche pour apprécier enfin toute la subtilité des arômes de pomme qui ne se révèlent que la première brûlure atténuée.

Il déposa le verre à côté de lui et plongea dans son fauteuil. Il allait entamer la relecture de ce vieux livre de Maurice Genevoix, retrouvé plus tôt dans la journée, lorsqu'on frappa timidement à la porte. Il ne dit rien. Il n'attendait personne. Il se leva et alla ouvrir lui même. Il reconnu immédiatement sa frêle silhouette dans la pénombre. Il l'attendait le lendemain. Elle n'avait pas su attendre. Ils se sourirent sans dire un mot.

La pluie cessa et le courant revint........ mais il ne su pas à quel moment exactement.

 

FIN

 

19:07 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/07/2006

Invulnérable (la suite)

Il sortit de sa torpeur lorsqu'un éclair s'abattit non loin de là. Dans une grande lumière blanche. Suivi presque aussitôt du fracas assourdissant du tonnerre. L'orage était là. Au dessus de lui. Les lumières blafardes des lampes de la route en contre-bas, s'éteignirent presque simultanément. Tout le village était plongé dans le noir. Il s'amusa à imaginer toutes ces mains fébriles, recherchant dans l'obscurité les dernières bougies. Introuvables. Ils aperçut effectivement quelques faibles lueurs vacillantes derrière les fenêtres de certaines maisons.

Il claquait des dents. Il avait froid maintenant. Il se retourna. Gravit les escaliers quatre à quatre. Il s'engouffra dans son repaire. Il ôta ses vêtements dans l'entrée. Un à un. Ils collaient. Comme une deuxième peau. Il mua. Se débarrassant de cette peau de pluie

Il frissonna. Des gouttes de pluie dévalaient de sa chevelure. Et coulaient lentement sur son torse. Dans son dos. Jusqu'à l'aube de ses fesses galbées. Etait-ce la chaleur retrouvée? Etait-ce les douces caresses de ces gouttes? Ou de se retrouver nu dans la pénombre? Ca l'excitait

Son ombre se dessinait faiblement sur les dalles. Parfois un éclair en précisait les contours. Juste un instant irréel. Il attrapa la boîte d'encens. Le briquet sur la table. Alluma plusieurs bâtons. Ses pas dessinaient des traces humides qui s'évaporaient sur le sol chaud. Dans la salle d'eau, il fit couler un bain. A tâton. Puis, retrouva une multitude de bougies dont il réveilla les flammes endormies. Il les disposa partout.

Il était calme. Déjà. Au plus profond. Il était nu. Sensitif et réceptif. Et adorait cela.

Dans un tiroir, il trouva son vieux walkman. Il y restait des piles assez vaillantes. Réminiscence du dernier orage. Rien ne le pressait plus. Rien d'autre que lui-même n'avait d'importance.

Il se laissa couler lentement dans sa baignoire. Il se délecta de cette chaleur. Petit à petit, elle envahissait chaque centimètre de sa peau. L'enveloppant.

Il s'aperçu dans le miroir. Il aimait le reflet qu'il vit. Cette lumière de bougie déposée entre les ombres de sa peau. Le reflet de son regard. Ses longs cheveux rebelles. Dégoulinants.

Il s'allongea enfin. Le requiem de Mozart dans les oreilles. Porta à sa bouche le verre de vin blanc glacé, servit au passage de la cuisine. Il se laissa envahir par cette fraîcheur se répandant en lui. Dans les vapeurs chaudes de l'eau. Un filet glacé dans un corset brûlant. Il ferma les yeux. Un sourire furtif se dessina sur son visage. Il plongea son âme au coeur de la musique.....

 

(A suivre....si ça vous dit toujours)

 

17:37 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

15/07/2006

une nuit sans lune

Il vit l'éclat du soleil sur la lame et su instinctivement qu'il ne parerait pas le coup. Et il senti comme le cinglant d'un fouet lui brûler le cou. Un brûlure nette, rapide, comme un fils incandescent qui lui coupa le souffle. Ses mains se portèrent à la gorge mais il ne sentit rien. Juste un liquide chaud qui s'insinuait entre ses doigts et coulait maintenant sur ses avant-bras. Aucune douleur.

Dans un même geste, un même mouvement, sa tête entraîna le reste de son corps vers l'arrière. Il eu le sentiment que ses pieds ne touchaient plus terre. Le temps sembla s'arrêter. Ou plus exactement, il eu la sensation qu'il défilait plus lentement, comme pour donner plus d'importance, plus d'ampleur aux secondes qu'il lui restait à vivre. Il le savait maintenant.

Il ouvrit grand la bouche pour appeler l'air. Ou peut-être pour crier. Il n'en savait fichtre rien. Mais aucun son, aucun râle ne sorti de sa bouche et il senti seulement quelques bulles d'air se former entre ses doigts. Il écarquilla plus encore les yeux, dans la surprise et dans la peur. Il senti son corps planer lentement en arrière, comme une feuille qui tombe au ralenti. Dans un mouvement irréel. Il vit le ciel. Et les nuages. Et le soleil. Et même les hirondelles avant de s'affaler lourdement sur le sol. Un choc inoui, sans retenue, dans la poussière de la lande de Castille.  Au contact de son dos avec la terre, il expulsa en grosses bulles mèlées de sang l'air qu'il contenait encore dans ses poumons.

Tout comme sa chute qui paraissait irréelle, il n'entendit pas non plus le fracas que firent les éléments disparates de son armure en s'écrasant violemment sur le sol. Il n'entendait plus les bruits du dehors. Comme s'il n'appartenait déjà plus à cette terre qu'il chérissait et qu'il défendait vaillamment. Comme si les sons se perdaient maintenant dans ses bourdonnements intérieurs, les tumultes de sa tête.

Il s'immobilisa. Les yeux grands ouverts, fixant le ciel. Ses mains revinrent, lentement, en un pénible effort, se placer à la coupure qui lui lacérait la gorge. Il sentit encore le sang....son sang.... gicler par à-coups. De plus en plus espacés. Il le sentait aussi maintenant lui emplir l'estomac mais étrangement, n'en gardait aucun goût dans la bouche. De ce goût acre qui,au fil des campagnes, il avait appris à connaître, à discerner et même à aimer parfois.

Sa bouche cherchait désespérement de l'air. On lui avait bien raconté qu'en mourrant, il verrait défiler toute sa vie. Mais il n'eût cure des quelques images qui se formaient.  De sa mère ou de la rivière qui coulait dans le vallon dessous sa ferme. Non, toute son énergie, tout son esprit se concentraient sur ce besoin impératif de gonfler ses poumons. Rien qu'une grande bouffée d'air frais. Mais c'était comme si sa tête ne commandait plus le reste de son corps. Ses mains se refermaient fébrilement dans sa blessure béante, dans un amas de chairs sanguignolantes qu'il savait ne jamais réussir à refermer

Il se résigna enfin et s'appaisa alors. Il accepta la mort et s'empli une dernière fois de l'image de sa mère. Il se senti porté pas ses bras maternels vers le ciel. Il la regarda lui sourire et se laissa envahir de son regard noir de fière gitane

Puis, il vit ses yeux à lui. Ni tristes. Ni fiers. Mais respectueux. Il le vit brandir à la hauteur de son visage, la petite croix qui pendait à une chaînette dans son cou. Une larme s'échappa du coin de l'oeil pour mourir sur sa tempe.

Et il senti ses mains refermer ses paupières et sombra dans une nuit sans lune

 

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22/06/2006

Invulnérable

Par endroits, sa chemise lui collait à la peau. L'air était chargé de cette lourdeur des trop fortes chaleurs. De cette étouffante moiteur qui rend la respiration difficile et ralenti les mouvements. Il s'assit sur l'une des marches extérieures. Celles qui donnent sur le jardin. Une grande masse sombre et imposante s'avançait  menaçante dans le ciel. Elle se déployait avec une lenteur extrême comme si le vent avait renoncé à la pousser.  Qu'il hésitait à s'époumoner devant si ardue tâche. Cela faisait d'ailleurs plusieurs jours qu'on ne sentait plus que dans de trop rares moments son souffle providentiel

Il observa ce lourd rideau d'acier recouvrir lentement le bleu du ciel. Le soleil dispensait encore énergiquement ses rayons sur l'horizon . Ombre et lumière. De cette lumière étrange qui donne aux verts de la campagne une densité et des éclats bleutés qui reposent le regard

Depuis longtemps déjà, il pouvait entendre les grondements sourds de l'orage qui approchait. Comme l'auraient fait les musiciens d'un orchestre symphonique avant le concert, l'orage répétait ses gammes, perfectionnait ses accords. Cette idée lui plut  et un léger sourire se dessina sur son visage

Pourtant il ne pensait à rien. Il observait le cerveau vide. Presque hagard. Puis une pensée en transit lui éclairait le visage avant de le laisser à sa torpeur.

Un bruit sourd qu'il identifia aussitôt et qu'il localisa facilement par le petit nuage de poussière qui déjà se re-déposait sur la terre sèche, l'éveilla à la réalité. Une lourde goutte de pluie  vient de tomber dans la poussière du parterre à côté de lui. Déjà, une deuxième vient éclater sa fraîcheur  dense sur les marches. Il les voit, gros diamants étincelants, fendre l'air comme des lames disparates. De grosses gouttes d'orage, toute gonflées d'humidité salvatrice.  Encore rares et si bruyantes qu'il pourrait aisément les compter rien qu'en les écoutant éclater au terme de leur chute. Les insectes, pris de panique, gagnent les abris. Dans le parterre, une goutte vient de s'écraser devant une fourmi pressée. Le souffle la projetée à la renverse, perdant du coup, la brindille qu'elle ramenait. Nerveuse, elle repart mais une deuxième goutte s'abat sur elle, l'inondant d'une grande gerbe. Elle se tortille et se débat furieusement contre cette eau mèlée de boue qui lui colle et s'agglutine. Elle émerge enfin du cratère laissé par l'onde météorite et reprend péniblement sa progression. Etourdie.  La carapace ternie de poussière brune. Il se réjoui de la voir repartir comme si, confronté à l'intensité dramatique du moment, il venait de prendre conscience du sort de ce minuscule être sans importance.

Les premières gouttes le fouettent violemment, chaudes. Elles sont pesantes et lui font un peu mal. L'averse se fait plus serrée, plus rapide, plus intense. Les arbres alentours crépitent, les gouttes claquent sur les feuilles qui se plient sous les coups. Les roses, touchées elles-aussi, se penchent humblement et, meurtries, elles perdent quelques pétales.  Les gouttes rebondissent comme des millier de petites balles sur le macadam de la cours d'où monte une légère brume évanescente. . Les gouttes se rejoignent, se fondent et finissent par couler en petits torrents  sur cette terre trop sèche qui ne peut les boire.

Il reste là, assis alors que l'averse se fait plus violente. Il sent ces gouttes traverser le tissus de sa chemise pour se reformer sur sa peau et couler dans son dos. Les petites auréoles humides que les premières gouttes ont dessiné sur sa chemise  ne forment plus qu'un amas de tissu collant à l'aspect de papier mâché . Il fait presque noir en cette fin d'après-midi. Ses cheveux s'allongent sur son front. La pluie devient si forte qu'il ne peut presque plus ouvrir les paupières. Quelques gouttes, chargées de la sueur de sa peau, dégoulinent jusqu'à sa bouche et il en discerne le goût salé.  Lui aussi sent étrangement toute la chaleur de ces derniers jours, s'échapper de son corps, s'évaporer. Et il béni cette brume qui le quitte. Il frissonne.  Il se lève mais ne rentre pas. Pas encore. Il descend quelques marches pour fouler l'herbe fraîche du jardin. Il aime cette sensation.  Cette herbe mouillée qui lui lèche la plante de ses pieds nus. Qui s'insinue agréablement entre ses orteils. Et il est là, debout, dressé dans l'herbe. Immobile sous la pluie battante qui le dégouline. Le défait. Le dépeint. Et pourtant il se sens fort. Puissant. Invulnérable, presque.

(à suivre...)

 

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12/05/2006

D'un blanc impur....

       

          
 

 Neige sur la montagne. Blancs, les arbres ; blancs, les rochers ; blancs, les nuages.... Blanche, l'hermine qui gambade sur le névé ; blanc, le lièvre variable aux narines frémissantes ; blanc, bien sûr, le lagopède changé en boule de neige par la magie du camouflage.... Concentrés, quintessences de blanc. Avatars fascinants de la vie sans couleurs......

 

        "Sans couleurs ?" He! Non, justement! Le blanc résulte de l'addition de toutes les couleurs. C'est le comble du mélange, le summum du composé, le point extrème de la mixité, du métissage, du croisement, de l'hybridation, de la bâtardise, de la combinaison de tous avec toutes. L'arc-en-ciel le démontre après la pluie. Isaac Newton s'en amuse derrière les nuages avec son prisme. En songeant à ce simple fait physique, je me demande comment, dans le symbolisme simplet de notre vie quotidienne, nous avons pu associer le blanc au pur, au virginal, à l'immaculé, à ce qui est sans taches, sans mélange, sans contamination. L'espèce humaine conjugue l'illogisme en se persuadant qu'elle incarne la raison.

 

        Or, c'est au nom de la pureté des être, des peuples et des religions que se commettent les injustices et les crimes les plus atroces. Ici, la femme est réduite en esclavage domestique et intellectuel parce qu'elle est "impure" ; ou bien, on la lapide parce qu'elle a été "souillée" par le péché d'adultère. Le fanatisme religieux poignarde l'apostat, ou lance contre l'écrivain une condamnation à mort en forme de "fatwa". Son bras armé terroriste dissimule une bombe dans un cimetière, sur un marché... qui hache dix enfants pour le plus grand bien de Dieu-Tout-Puissant.... Ailleurs, la dictature du "politiquement correct" isole les groupes humains en prétextant le respect des droits de l'homme : touche pas à la "pureté" de mon sexe, de ma race ou de mon histoire, que je m'arroge, du reste, le droit de réécrire à ma manière.......

 

 

            Le massacre de la Saint-Barthélémy s'est perpétré à la gloire de la pureté de la religion chrétienne ; épisode, entre mille, de la façon dont les intégrismes se préservent de la "contamination" du paganisme et de l'idolâtrie. On brûle les sorcières comme des linges infestés par la peste. Rien n'arrête l'escalade de l'horreur pure. Le nazi envoie six millions de juifs à la chambre à gaz en invoquant la protection de la "race aryenne". Le stalinien dénonce "l'origine de classe" suspecte et l'idéologie "contaminée" de l'intellectuel ou du petit bourgeois ; et leur fait goûter la pureté du goulag. La garde rouge maoïste et le Khmer rouge cambodgien expédient de même, quelques millions de "contre-révolutionnaires" crever dans des camps, pour le plus grand profit de "l'idée juste" prolétarienne...... Voyez le génocide des Indiens d'Amérique du Nord, des arborigènes d'Australie, des Arméniens, des Kurdes, des Tutsis : pureté, vous dis-je! Considérez les massacres, les viols, les exécutions sommaires, les déplacements de populations en Ex-Yougoslavie ; "purification ethnique"! Un demi-million de morts au Rwanda en deux mois : ce n'est peut-être rien, comparé aux hécatombes monstrueuses qui se préparent ou ont eu lieu en Asie Centrale ou au Nigéria.......

 

        Et c'est cette "pureté" qu'on voudrait continuer à me faire associer au blanc? Mais, je refuse! Mais, la seule couleur symbolique qui lui convienne, c'est le rouge sang dont elle dégouline.....

 

        La montagne enneigée étincelle d'un blanc, que dorénavant, je ne qualifierai plus que "d'impur". Engrossé par toutes les nuances de la vie. Avec le vert tendre des herbes qui renaissent, le mauve des crocus, l'argent des pulsatilles, le brun de l'hermine ou du lièvre en été, l'or des trolles, le bleu roi des gentianes et le rouge merveilleux du sang des enfants heureux, quelle que soit leur couleur

 

            

 

 

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07/05/2006

un galion...

          

 

On me demande parfois si comme je l’ai écrit, j’habite vraiment une cabane de pêcheur, voire un repaire de pirate (voir mon message « chez moi »)

C'est en fait une vieille maison de village séparée des autres avec une belle grande cour pour jouer au ballon avec Nic dedant.... Des belles grandes grilles pour qu'Aki (mon chien... celui avec l'essuie glace arrière qui ne fonctionne pas quand il pleut mais quand il est content...) ...je disais donc des grilles pour qu'Aki  ...se casse quand même en sautant au-dessus...ou en passant en dessous (ça valait bien la peine d’avoir de belles grandes grilles) quand l'envie lui prend d'aller faire un tour... Ca lui fait de l'exercice et puis j'aime pas les barrières....

 Puis, dans le fond de la cour, il y a le jardin potager, c'est chouette mais là dans le cas qui nous occupe, on s'en fout un peu (surtout que pour l’instant, l'est pas encore vraiment potagé… il a plutôt le teint sombre et il a l’air tout retourné )...sauf qu'il y a une haie qui le borde, le jardin....une belle grande haie de campagne, pleine de grandes épines de campagne et de vieux ballons en plastique crevés (qui font pas trop campagne, eux) 

 La suberbe horizontalité de cette belle haie de campagne magifique lorsqu'elle est taillée....-donc en ce moment, je devrais plutôt dire de cette vieille laide haie de campagne- est interrompue en sont milieu par une petite barrière en bois toute mignonne qui fait crouiiiiic quand on l'ouvre...et crouiiiic aussi tiens ! quand on prend la peine de la refermer.... Et là , hoooooo surprise, ben t'es chez moi..

Ou plutôt dans mon jardin, avec les vieux noisetiers et bouleau, plein de geais, d'écureuils, de mésanges, de pics..;de mouches, d'araignées, de guèpes, d'abeilles, de perces-noreilles, de scarabées, de coccinelles, de cassides, de papillllllllions, de chenillllllles (ceusses qui viennent avant les papillons) de graphosomes, de cercopes, de malachies pustuleuses, d'aphodes crottés, de chtites froumis, de diables-cherche-midi (ceux là on ne les voit qu'à 14 hr) de cétoines dorés, de cincidèles et de sirex,  de géotrupe stercotaire voir même de silphes à corselet rouge... Bon j'en oublie certe quelques uns.....

Et là, à côté des arbres pleins de geais, d'écureuils, de mésanges, de pics..de mouches, d'araignées, de guèpes, d'abeilles et un paquet d’autres bestioles de ce type, pleines de pattes d’yeux, d’ailes… il y a un escalier majestueux en pierre qui monte en mon humble demeure (ben si, quand tu viens du jardin, y monte mon majestueux nescalier...c'est seulement quand tu sors de chez moi qui descend le majestueux machin chose...je le sais bien moi, j'y habite...au dessus quand tu viens du jardin, moi....na) Bon...je reconnais...majestueux....heu, c'est ptêt pas le mot qui lui va le mieux à mon bête escalier en béton avec sa rampe en bois vermoulu....mais moi, je trouve qu’il majestue quand même pas mal au milieu de tout cette verdure dégueulasse...et puis y monte chez moi (si, si, tu viens du jardin, rappelles-toi, donc y monte) donc, y fait ce qui peut pour majestuer un brin.... Bref, moi j'habite au dessus de l'escalier qui monte (qu’il te dit le Monsieur....).

J'habite la partie de maison qui est sur piloti...parce qu'il n'y a rien en dessous et dont certaines pièces s'insèrent dans l'habitation principale.....Ca fait un peu comme une avancée sur l'océan....sans l'océan...tu me suis ou t'es perdu.?... En plus, comme mes murs extérieurs sont habillés de bois......ça fait un peu galion.... Même si un galion ça n'a pas un vieux escalier pas si majestueux en béton qui descend vers l'océan ...Ah si ! Maintenant que t'es montée, y descend l'escalier, forcément... Merde faut suivre aussi!

Bon faut un peu d'imagination..... Ok....faut beaucoup d'imagination...mais ça le fait...

Tout ça pour  dire que c'est un appart sans étage à l'étage qui fait un peu maison puisqu'on m'y fout une paix royale....et comme l'océan, il a oublié de v'nir, je ne me fais même pas saborder en pleine nuit pas une horde de pirates sanguinaires......

12:01 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

06/05/2006

Le vol des libellules

 

Soleil... fait beau... envie d'une longue ballade dans les bois....Couché dans les herbes tendres, le menton posé délicatement au creux de se deux mains à écouter le chant des grenouilles...et moi qui t'explique le vol des libellules....A propos, tu sais comment elles font pour voler les libellules??? Je parie que non...

Ben en fait c'est assez simple..... Si tu les observes bien (et là, c'est le fruit d'une longue pratique et de longues heures de méditation...heu non, d'observation couché dans les herbes, que je te livre là...) je disais donc que si tu les observes bien de tes doux petits yeux en forme d'amande, ébahi par tant de grâce... tu verras que la libellule est pourvue dans son anatomie, -et que dieu, la nature est bien faite-, de quatre petites ailes, toutes fines et transparentes qu'il lui suffit de battre bien vite avec toute l'énergie de ses petits muscles minuscules...et hop, la voilà qui s'envole...

c'est dingue non?

 


Note ici que notre libellule (on devient un peu familier mais bon on commence à la connaître un peu aussi à force de l'observer hein) a besoin de deux fois plus d'ailes qu'un de ces put...d'oiseau de merde (et je vais pas te faire l'affront de te ré-expliquer pourquoi je les traite comme ça hein...tu dois avoir compris maintenant, si si, ou alors va lire mon message précédent, les champis...) Et c'est normal...lesoiseaux ont les ailes remplies de petites plumes toutes légères.. Pas les libellules.. Et comme les plumes, au moindre souffle léger, ça vole tout seul.... Ben pas con les oiseaux...y s'en sont mis partout...et hop...partis en un battement d'aile.... même que pour la photo c'est encore raté!!! Grrrr

J'en veux pour preuve la dernière bataille d'oreillers avec Nic (mon fils)... Ben je t'assure...les plumes...ça n'a pas besoin d'un oiseau.. ça vole tout seul et partout les plumes. Par contre, un oiseau sans plume...il fait déjà moins le fier : jette le négligeamment de ton balcon pour voir s'il va voler très loin...Il ira s'écraser bêtement sur le sol deux étages plus bas... Non, un oiseau sans ses plumes, n'est rien...c'est même pas une libellule Madame.

 

Par contre, la dernière bataille d'oreiller en ailes de libellulessss (j'ai mis plusieurs S parce que t'imagines pas combien y faut attraper de libellules pour faire un oreiller...) qu'on s'est fait avec Nic (c'est il y a longtemps...juste un peu avant qu'on n'invente les oiseaux, je pense) ...un désastre ! Les ailes de lilebbule (pas fait exprès celle-là, mais j'aime bien alors je laisse ;-) ça vole pas tout seul.... ça se déchiquète et ça fait des mies partout....et en plus, c'est chiant à ramasser (surtout quand ton aspi te fait la gueule, mais ça je l'ai déjà raconté aussi...) Et donc les oiseaux, pas cons (chiants soit mais pas cons) ils leur restaient plus qu'à canaliser toute la légèreté des ces petites plumes qui volètent en tout sens, désordonnées comme c'est pas permis en de grands mouvements amples et gracieux à l'aide de leurs petites ailes toutes plaquées de ces petites plumes...et hop...les v'là partis aussi

Bon et comme tout le monde est parti, oizos et libellules....et que reste tout seul à solliloquer comme un débile,  je vais m'en aller aussi, moi,  tout compte fait.!!         


Bon maintenant que tu sais comment une libellule fait pour voler, qu'un oiseau sans plume c'est ridicule et qu'il n'y a rien de plus beau qu'un champignon (si, si, va lire le message précédent!)...ta vie va sans aucun doute s'en trouver transformée...non? Ah bon.

12:47 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

champi

Je ne l'ai pas encore dit mais je fais de la photo de champi... Avant, en fait, je faisais de la photo d'oiseau... Mais c'est chiants ces ptites bêtes là...ça bouge tout le temps...t'as à peine cadré, pchiiit le v'là qui change de branche...tu réajustes, mise au point....voilàààààà...tu bouges un rien et...pchiiit, envolé et ...clic.....un beau feuillage d'un vert certe profond mais bon.... Juste des feuilles quoi... ça lasse...Puis c'est tout petit, un passereau...y a pas des masses de cigognes, de flamant rose voire d'autruche dans les bois de par chez moi...alors t'imagine (comme disait John, ... bon vais pas la refaire celle-là....) de belles photos toutes vertes avec juste une petite boule brune toute floue dans un coin, qu'on n'est même pas sûr en y regardant bien qu'il se s'agisse pas juste d'un....gland!!!!  J'étais passé maître dans les contre-jours artistiques, les photos de feuillage et de haies vides, de flous du plus bel effet...quant aux oizos...que nenni...... Genre : tu vois là sur la photo, l'espèce de boule de plumes toute floue...c'est un bouvreuil magnifique...heu, si, si, regarde bien...là, sous ton doigt...le ptit truc difforme... Bon alors j'ai arrêté les oiseaux après deux cents clichés ratés pour trois bonnes photos... Et je me suis mis aux champignons..... c'est beauuuuuuuuuu un champignon....si, si je vous assure....(et si t'aime pas, on est  gentil et on dis ouiiiiiiii, c'est beau comme ça, ça me rassure un peu ) Bon c'est ptêt moins beau qu'un chardonneret mais qu'est ce que c'est moins énervant.. Non, c'est vrai, ils sont vachement cool et sympa les ptits champis..zont pas la tête près du chapeau eux...c'est pas comme ces put....d'oiseaux de merd...Non, y sont là tranquilos à prendre le soleil...tu passes tout près...y bougent même pas d'un pieds...pas craintifs pour un sou, rien à voir avec ces couillons de volatiles de merd... Y demandent rien les champis... Sont juste là bien campés sur leur pied, à l'ombre de leur chapeau...y te regarde passer, confiants....Tu reviens le lendemain.... sont toujours là...presqu'immuable.... Pas de migration.... ne se cachent pas derrière une branche juste pour t'emmerder (comme ces put.... Oui bon, t'as compris) y courent pas d'arbre en arbre pour construire un improbable nid qu'on ne trouve jamais qu'en hiver quand il n'y a plus de feuille....et plus d'oiseaux (de merde, au cas où vous seriez un peu dure de la feuille ;-)) ...non plus. Y sont là, au bord du chemin sur leur tapis de mousse tiède ou bien accroché au bois de leur souche.... Nickel les champi, j'te dis.... Bon, je reconnais, même en chorale, les champis chantent quand même moins bien que le rossignol.... Mais d'abord, t'es bien sur que c'était un rossignol ??? Tu l'as vu? Non. Ben tu vois.... Quoique...quoique..... Sais pas si tu les as déjà entendu grésiller dans une poèle avec de l'huile de noisettes (mais non pas des rossignols... une bande de ptits champis, ) ...c'est une douce musique qu'ils nous font là...... Ben oui, parce que EN PLUS, les champis, ça se mange (pas comme ces put... Et gna gna gna...) et t'as pas besoin de courir après pour les attraper...na
Non, je vous le dis moi...les champignons....c'est que du bonheur...et qu'est ce que c'est reposant...

 


mais bon, je parle, je parle ...toi tu t'en fous des champi...hein... admets....

11:56 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/05/2006

 Avec deux "S"

  

  

Ce soir, j'allais m'atteler à toutes ces petites choses agréable qui font que la vie d'un homme célibataire MODERNE n'est en fait qu'une succession d'activités ludiques, de petites joies indéfinissables et de bonheurs consumés dans un grand feu d'allégresse (ai mis 2 L sans certitude mais bon, quand on vole comme moi en pleine allégresse c'est toujours plus confortable d'en avoir deux....des ailes) Avais donc mis un bonne petite musique bien entraînante (Billy Swan : I can't help...Everything the same... ça  rappelle quelque chose à quelqu'un?) , histoire de donner quand même un peu de courage à tout cet allant d'allégresse et m'atteler à toutes ces tâches qui rendent la vie quotidienne vachement moins ennuyante...style repas sage puis repassage, nettoyage, triage, rangeage et toutes ces choses en 'aaach' animant de façon régulière la monotonie du vécu de tout bipède monovertébré (célibataire quoi!) normalement constitué....
Quand SOUDAIN, une envie irrésistible (et salvatrice) tapie insidieusement au plus profond démon être me poussa sans résistance possible vers cet écran allumé....comme le frêle papillon de nuit s'en vient mortellement hypnotisé vers la lampe qui brille au dehors.....


...et me voilà qui écrit, qui  sourit.....imaginant un sourire qui se dessine, furtif, discret, sur un visage virtuel....... mon aspirateur me fait la gueule, désemparé au milieu du living, le manche de la brosse s'est affalé, résigné sur le rebord du canapé....reste une éponge désabusée qui, appuyée nonchalante sur le bord d'un assiette sale, regarde d'un oeil distrait la mousse s'étioler dans une eau de vaisselle qui inexorablement...refroidit........... On remettra à deux mains ce qui aurait pu se faire aujourd'hui juste parce qu'un petit garçon espiègle mu par une brise d'allégr'aise vint coucher sans remord ses notes et écrire des partiphrases ... pour qu'une petite mélodie innocente fasse naître dans le regard de celle ou celui qui l'écoute, ces petites perles de rosée qui scintillent

....d'allégresse (et avec deux ailes svp)

02:54 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

30/04/2006

Bienvenue chez moi

 

J’habite un repaire de pirate, une cabane de pêcheur dans un petit village accroché à flanc de colline à la lisière de la forêt.  Là, quelques maisons en moellons, telles de vieilles dames courbées par le poids de leurs âge,  penchent leurs petites fenêtres où elles arborent fièrement quelques plants de lierres et de bégonias, -dernière coquetterie surannée à leur yeux éteints-, vers les bancs de bois qui les longent, comme pour mieux apprécier le repos tranquille des chats qui se prélassent au soleil.  La grande verrière du château se dispute les regards curieux des promeneurs au vieux moulin dont la roue à aube est maintenant trop rouillée ou trop fatiguée pour tourner encore sous les assauts vains de la rivière qui le borde. Assis sur ma terrasse, je me réchauffe aux derniers rayons du soleil qui disparaît lentement derrière les verts horizons de la campagne. Dans le jardin, l’écureuil revendique bravement quelques noisettes aux geais tapageurs . Un hérisson, hôte occasionnel, se faufile à travers la haie, dans la totale indifférence du pic épeiche, trop occupé à extraire les dernières larves juteuses d’une souche qui se meurt. De son pas rapide et militaire, la bergeronnette arpente le faîte du toit du garage. De son œil noir et inquisiteur elle semble me dire : « T’as rien d’autre à faire que de te prélasser…et puis qu’est-ce t’as à me regarder comme ça ? «  J’apprécie une dernière fois les reflets changeant au jour qui se meurt de l’allée de marronniers, qui se dressent fièrement au bord du chemin, séparant le monde des hommes où les tracteurs terminent leurs labours de celui de la forêt qui va commencer sa nuit. Lorsque BB King en aura fini de me blueser le fond de l’âme, j’irai remettre une bûche dans l’âtre où le crépitement des flammes se fait moins pressant. Et lorsque le voile noir de la nuit aura recouvert entièrement la campagne irisée à présent des rayons bleutés de la lune, j’écouterai encore un peu les hululement de la chouette me saluer avant de partir inquiéter de son vol silencieux, les petits somnambules de la nuit.

 

 

 


 







13:29 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

 Bel âtre

 

'Vous me faites bien rire......vous, les bougies.....

....fières, altières....immobiles et hautaines sur vos chandeliers...
Suffisantes et arrogantes lorsque vous illuminez les tables de fête ou
lorsque votre ridicule petite lumière vacillante pense être la seule au
monde un soir de panne électrique.......
....toujours à commérer en groupe, à chicaner de la pureté de votre cire, à mirer votre éclat dans les verres ou à vous plaindre et couler en larmes de cire....... Des poules sur leur perchoir..... Qui se drappent de fleurs sêchées, rivalisent de couleurs chaudes et se répandent en parfums exquis...ou écoeurants.....comme pour vous rassurer de votre éphémère fragilité...

Ooh, Il y a bien le ptites chauffe-plats et les rigolottes de Noël ou de
Pâques....plus sympathiques mais sans envergure......ce n'est pas le même monde, Madame...pas la même classe et on ne fréquente pas les même tables...

N'empêche.....toutes aussi coincées et fébriles à l'idée de perdre votre
flamme....ténue et si fragile....qui réchauffe si peu. Anxieuses du moindre souffle...... inquiètes du plus petit vent.....qui vous rendent nerveuses et tremblantes.
Vous, statiques, droites et figées comme ces statues de cire que vous n'êtes...

Alors que moi, bien installé au creux de mon âtre, serein dans ma cheminée, je joue avec mes flammes.....j'étincelle, je tourbillonne et fais danser les ptites flammêches comme des lutins joyeux....je craque, je siffle, je chante, éclate et crépite.....je roule mes bûches les unes sur les autres, m'y insinue, les contourne, les lêche et les consume dans des rouges orangés, des couleurs chaudes et envoûtantes.....je m'en nourris.
Je me moque du souffle du vent...j'en ris ...ou au contraire, je l'apprivoise et l'intègre dans mes folles sarabandes.... Je brûle et
réchauffe...jusque dans les coeurs
Moi.....je vis. Et même éteint.......je vis encore.........

Ah ça, vous me faites bien rire ' dit le feux de bois.....

 

 


01:09 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/04/2006

Pour un sourire....

 

Ton sourire, celui qui se dessine peut-être sur ton visage en me lisant,….ça c'est cadeau pour moi....je prend et je garde

Enfin quand je dis que je le garde...tracasse hein je le laisse libre.... parce que les sourires qu'on enferme sont comme les chtits oizos en cage...ils perdent leurs belles couleurs et finissent par oublier de chanter..... C'est marrant, cette après midi, ton sourire, je l'avais déposé délicatement sur le rebord d'un étagère .... puis il s'est mis à voleter, gracile autour de moi..... m'a suivi à l'extérieur mais comme y faisait un peu froid, l'es venu se blottir dans ma poche..... un rayon de soleil qui passait par là, a aperçu le mouvement furtif de ce petit être qui se glissait dans ma veste et..... tu sais comme ils sont curieux les jeunes rayons de soleil…ceux qui naissent en hiver, frêle, parfois hésitants mais rieurs et qui n'ont pas encore toute la chaleur de leurs aînés. Celui-ci m'a suivi toute la ballade pour découvrir le petit sourire qui se protégeait du froid... si, si, je t'assure.... alors de temps en temps, réchauffé par ce doux rayon, le ptit sourire, y venait mettre timidement le nez dehors et m'éclairer le visage... le ptit rayon, jouette, se cachait parfois derrière les branches enneigées, saupoudrant le chemin de milliers de petites lumières bleutées, comme des poussières d'étoile....puis frondeur, il sortait, vif, de derrière un arbre pour fondre sur nous comme une lance étincelante.... ce qui amusait beaucoup le ptit sourire..... On est ensuite rentré mais ils ont promis de se revoir...tant mieux, je trouve qu'ils font de bons copains....
Là, maintenant il se repose...... il est sorti de ma veste tout à l'heure pour se poser sur mon épaule....il m'a accompagné dans la chambre de Nic et s'est posé au pied de son lit pour écouter l'histoire du 'Géant des neiges' et de l'abbaye de Rougemuraille.... L'histoire...moment de quiétude, qui semblait plaire au ptit sourire aussi car je le trouvais étrangement serein, limite tendre... L'histoire…. où les brumes des songes se coulent, insidieuses, derrière la façade de ses petits yeux...qui doucement s'éteignent.... A la fin de l'histoire...le ptit sourire avait disparu...sans doute s'est il trouvé un endroit confortable pour passer la nuit...... je le retrouverai demain sans aucun doute.... quant à Nic, j'aime le sourire discret et timide qui se dessine sur son visage maintenant alors qu'il s'endort...repu d'une journée bien remplie..... Mais où est donc passé ce ptit sourire, saperlipristipopette!   

ben, il est ptêt rentré chez toi...pas grave...il est libre.....
Et puis s'il me manque trop....ben...tu m'en enverras peut-être un autre, hein....promis?

23:30 Écrit par carpe diem dans Mes histoires | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |