03/01/2012

L'amour en minuscule

 

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Petit coup de frais, de légèreté avec ce roman de Francesc Miralles paru chez Fleuve Noir et traduit de l'espagnol. Une petite histoire toute simple, faite de rencontres parfois inatendues, pleine de poésie mais aussi de bon sens, de tendresse et de rebondissements

Une histoire à découvrir une après-midi de janvier, au coin d'un feu avec un thé et des sablés. Une histoire volatile qui laisse des parfums planer longtemps.

Oh pas une oeuvre de génie, ni une oeuvre impérissable. Un bonheur simple et fugace qui mérite qu'on s'y attarde.

Juste se faire plaisir

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09:13 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

02/01/2012

Journal intime d'un arbre

Cela faisait longtemps que je n'avais plus parlé ici de mes lectures. Et là promis, je vais me rattraper!!!! Ai retrouvé un peu de temps et de sérénité pour lire et suis en train d'avaler bouquin sur bouquin.

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Je viens de terminer "Le journal intime d'un arbre" de Didier Van Cauwelaert. L'idée originale m'a plu bien avant tout le tapage médiatique fait autour de ce bouquin. Même si je reconnais la performance et m'incline devant cette vision presque surnaturelle que peut avoir un arbre du monde des hommes, je dois bien avouer être resté sur ma faim. Peut-être en attendais-je autre chose...Plus?  L'idée originale est, je le conçois, difficile à transcrire et à mettre en oeuvre, du, à l'origine, à l'immobilité de cet arbre. Et de ce fait, l'auteur se voit contraint d'utiliser des stratagèmes judicieux pour faire voyager cet arbre et sa pensée. (Une partie de l'arbre devient sculpture)  Judicieux certe mais personnellement j'y perds un peu de l'essence même (la résine en fait) qui faisait la force de ce récit. Comme si cet arbre transformé en oeuvre d'art mobile faisait perdre progressivement l'attractivité du récit, n'étant plus un arbre mais un objet.  Objet témoin de la vie des autres et moins absorbé par la sienne, qui en fait ne vit plus.  La partie où l'arbre est arbre, où il n'est pas encore coupé de ses racines, est bien trop courte à mon goût.  Et s'il est critique, il reste bien trop complaisant

Le découpage du récit m'empêche d'y entrer complètement. Ce n'est ni un roman, ni à proprement parler un journal intime et l'ensemble, in finé, manque de cohérence, de lien. L'arbre, ici un poirier, a traversé les époques et y a vécu des moments exceptionnels.... trop peut être!  On retrouve tout au long de ce récit, une véritable recherche historique, parfois développée sur plusieurs pages (L'affaire des convultionnaires de St-Médard sous le règne de Louis XV par exemple), parfois simplement cités ou à peine décrit en quelques lignes. Les histoires contemporaines des personnages évoluant dans son sillage ne m'accrochent qu'au début puis me lassent progressivement à partir du moment où l'arbre n'est plus qu'un objet.

On ressent trop la construction du récit ce qui au final le rend moins fluide

Bref, je n'y suis personnellement pas entré et l'ai fini avec un manque. Original, sans plus. Mais évidemment ce n'est que mon avis de lecteur....à contre courant

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19:12 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2009

Aubertin d'Avalon (suite)

Un petit extrait encore d'Aubertin d'Avalon  (de Bernard Tirtiaux) dont je vous avait  parlé par ailleurs (http://crazymitch.skynetblogs.be/category/977537/1/Livres)

Je vous en avais promis un commentaire :

Je ne vais pas ici refaire un résumé de l'histoire. Le livre est terminé. J'en reste dubitatif. Interdit. Certe l'écriture est belle. Fort belle. L'histoire cependant jamais ne décolle et je termine en restant sur ma faim. Aubertin part à la poursuite de plusieurs quêtes et il n'en terminera aucune. Etrange pour un être si passionné et si décidé. L'histoire reste lisse. Et ce malgré qu'il soit magnifiquement écrit. Papier glacé!

Je ne résiste pas cependant à vous en livrer un dernier petit extrait :

".../...elle se sent tout à coup immergée, suffocante, seule au monde dans cette épreuve du retour qu'elle s'est imposée. A la recherche désespérée d'un filin qui la sauverait de la noyade et la remonterait à l'air libre, elle se débat pour ne pas couler à pic.
        En dehors d'Aubertin, quelle amarre a son coeur? La déraison qui l'a poussée une fois encore là où elle ne devait pas aller l'incite à pleurer, à insulter cette force en elle qui l'appelle sans cesse  à se perdre du côté de ses impasses comme si elle avait besoin de ces vaines pérégrinations pour s'assurer de l'existence des chemins.../..."

22:30 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

29/03/2009

Post mortem

 

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Extrait de "Les pantoufles du samouraï" de Patrick Cauvin (Ed. PLON)

.../... Mon acuité auditive diminue. Comme l'oculaire est en chute et que tout le reste suit, je me suis livré à quelques considérations capitales concernant la mort, la vie et autres joyeusetés. En gros, il en ressort que contrairement à ce que l'on croit, la camarde n'est pas armée d'une faux, ce qui impliquerait tranchage abrupt, instantané et brutal, elle s'y prend à mon endroit avec déclicatesse. Vieillir est mourir à petit feu, elle travaille avec doigté et relative douceur : moins de sons, moins de couleurs, peu à peu les contours s'estompent, des pans disparaissent dans on ne sait quelle abîme.... J'ai beau faire le faraud, je sais que le sexe m'a fui, que parfois des envies papillonnent, des moucherons d'envies, éphémères, sans consistance. La mort s'insinue, elle ne coupe pas dans le vif, bonjour chère madame mais entrez donc je vous en prie, faites comme chez vous, reprenez de ma rétine, de mon tympan, encore un peu de testicule? Voulez-vous du biceps?
             Quelques neurones peut-être? Une vieille amie au fond, une colocataire qui s'installe, prend ses aises, de la place, toute la place bientôt.../...
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13:28 Écrit par carpe diem dans D'outre tombe, Livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/02/2009

Aubertin d'Avalon

                 "Ermeline se meurt. Elle est un feu de glace qui ne reprend plus, une étoupe de cendre qui toumente en vain ses braises, un fantôme fluet de feu, à bout de fièvre et de fatigue, à bout de souffle. La vie, après l'avoir choyée, a sorti fers et pinces de bourreau pour arracher son présent. Pas une âme de son entourage qui ne se désole. La maladie s'est abbatue féroce, impitoyable. Depuis des mois, elle s'acharne à broyer de souffrance cette femme exquise et affectueuse, éclairée de sérénité et d'attention pour son voisinage de coeur, et être rare qui méritait un tout autre sort. Désemparés, ses familiers veillent à tour de rôle celle qui fut mère avant tout, porteuse de vie, sourcière d'enfantements et qui se retrouve aujourd'hui en désarroi d'enfouissement et de nuit gelée. Ce passage renvoie chacun à son impuissance et à son chagrin. La vie ne remplacera jamais Ermeline d'Avalon, tout comme personne ne ramènera sur cette terre la part soyeuse de sa douceur, cette part d'ange qui faisait dire à Aubertin, son époux : "Belle amie, où cachez vous vos ailes ? "

C'est ainsi que commence "Aubertin d'Avalon" de Bernard TIRTIAUX (Ed. JC Lattès).

Ce sont ces mots magnifiques qui vous introduisent dans l'histoire d'Aubertin, le maître sculpteur, le bâtisseur de cathédrale. Ce sont ces mots qui virevoltent, se font lumière, se font image ; ce sont ces mots qui vous accompagnent tout au long du roman et que Bernard Tirtiaux enlumine d'or et de couleurs pour vous emporter dans sa poésie, son souffle...
Je suis entré dans cette histoire, il y a deux jours. J'y suis encore. Même pas à la moitié (360 pages). Mais je n'ai pu résiter à vous faire partager cette écriture. L'histoire, je la commenterai  à la fin du roman. Mais qu'importe, le bonheur des mots est là, bien présent, sous la plume de l'auteur. Au fil des pages.....

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L'histoire : En cette fin du XII ème siècle, où s'invente un monde nouveau, comment Aubertin d'Avalon, bâtisseur de cathédrales et maître sculpteur, peut-il deviner que la mission que lui ont confiée les Templiers va le jeter sur les routes de l'Orient, faire de lui un pélerin de la Flamme Sainte, le transformer en incendiaire mystique? Voici de Paris à Jérusalem, en passant par Chartres, le grand roman d'une initiation où la fureur des temps n'a d'égale que l'élévation corporelle.
En quittant le chantier de Notre-Dame et les rêves de pierre blanche pour sculpter l'impossible statue de l'épouse défunte qui hante son atelier et ses jours, Aubertin entame le plus secret des voyages pour l'Ordre du Temple. Et à l'heure où se dénoue son destin, il apprend, ultime leçon, qu'en face des bûchers de l'histoire demeure, indéracinable, l'espérance.

L'auteur : Bernard Tirtiaux, qui vit en Belgique dans une ancienne ferme, aménagée en théatres et en ateliers, est aussi maître verrier et sculpteur. Il est l'auteur également du Passeur de Lumière mais aussi des Septs Couleurs du vent et du Puisatier des Abîmes (tous trois aux Ed. Denoël)

Bref, pour les amoureux des ambiances qui se créent grâce à la couleur des mots.
Et moi je ne résiste pas à vous en offrir encore un petit passage, où Aubertin, en proie à ses démons intérieurs, sculpte le visage de sa douce disparue.
"...Alors, il se mit à pleurer en même temps qu'il aventure ses plus fins burins dans les logettes qui enferment le regard enamouré d'Ermeline et, à mesure qu'ils reprennent leur couleur gris bleuté, la nuit le gagne, l'éteint, l'emmure dans l'obscurité des abîmes, là où le noir et l'oubli se confondent dans l'infini des silences.../..."

21:17 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/02/2009

Un monde sans fin

Comme je vous l'avais annoncé dans un post précédent, je tenais à vous parler du nouveau Ken Follett : "Un monde sans fin" aux éditions Robert Laffont

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Nous nous retrouvons au sein du prieuré de Kingsbridge, plusieurs générations après Tom le Bâtisseur et le prieur Anthony dont l'histoire nous avait été narrée dans le premier opus "Les piliers de la terre"
J'étais impatient de lire cette suite, tant je m'étais plongé avec délectation (comme beaucoup d'autres d'ailleurs) dans "Les piliers de la terre" que j'avais littéralement dévoré.

Si "Un monde sans fin" n'est pas à proprement parler une suite du premier tome puisqu'on "saute" quand même allègrement toute une partie de l'histoire d'Angleterre, il n'en reste pas moins qu'on se retrouve avec plaisir au sein de la petite ville de Kingsbridge, dans le compté de Shiring à une période intéressante de l'histoire, où se mèlent les conquètes en terre de France, les balbutiements de l'industrie et la mécanisation des métiers de la laine ainsi que l'évolution de la pensée et de la médication dans les pratiques médicales lors de la grande épidémie de peste.

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Que dire concernant ce récit? Tout d'abord que Ken Follett y reprend tous les ingrédients qui ont sans nulle doute fait le succès du premier opus. Dès les premiers chapitres, le lecteur fidèle  constatera sans difficulté que l'histoire recèle quelques parallélismes avec celle des "Piliers de la terre" quant aux intrigues et aux parcours amoureux, quant à la trame générale aussi. On reste en effet dans la vie du prieuré, ses démèlées avec le pouvoir du compté et avec les guildes de la ville,  sur fond de constructions et d'architecture. De plus l'épidémie de peste éclairera ce roman d'une lumière tragique particulière.

Néanmoins, les premières hésitations dans la lecture s'atténuent rapidement pour plonger le lecteur au sein même de l'histoire et des croisements perpétuels dans l'existence et le parcours des personnages. L'écriture est simple mais efficace. L'intrigue est plaisante et soutenue même si parfois un peu "tirée par les cheveux" . Mais on n'en tiendra pas rigueur à l'auteur car cela ne nous empêchera pas de plonger avec avidité dans ce roman, ma foi, bien documenté. Je suis à chaque fois revenu avec plaisir dans les 1300 pages que forment cette "brique" et ce dès que je disposais d'un moment de temps.

Un seul bémol qui ne concernent que quelques pages vers la fin du bouquin, et où l'auteur, à plusieurs reprises se sent obligé de nous repasser les plats avec un résumé, ma foi assez lourdingue, de certains passages de l'histoire depuis le début du roman, comme si nous étions trop peu malin pour saisir de part nous même, le dénouement de la situation. Bizarre et légèrement désagréable mais trop peu pour gâcher une impression générale positive.
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En conclusion,  "un monde sans fin" s'inscrit dans la lignée des "piliers de la terre" et devrait réjouir les convaincus du premier opus. (dont je suis). Il ne me semble pas absolument nécéssaire d'avoir lu les "Piliers de la terre" pour lire ce roman qui se suffit à lui même même si je considère que c'est un plus pour s'inscrire totalement dans l'évolution de l'histoire qui reste agréable, intelligente et intriguante et qui, il me semble (car je ne suis pas historien) s'intègre bien dans la période historique qu'elle est sensée couvrir.

Bref, pour les amateurs du genre : A lire. VITE! (ben ouais, sinon, je ne vous en aurais pas parlé, c'est malin!)

 

22:31 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

21/12/2008

C'est ainsi que les hommes vivent

J'ai repris ce week-end, ce fabuleux bouquin de Pierre Pelot : "C'est ainsi que les hommes vivent" et me suis mis à le feuilleter à nouveau, lisant des passages épars, au gré des pages. je vous en avait déjà livré un extrait sur mon autre blog "champolion" (voir ci-après : http://champollion.skynetblogs.be/post/3378526/rencontre)

Je ne résiste pas à l'envie de vous en livrer un autre petit aperçu, que je me suis amusé à illustrer humblement

.../...Passée dans sa ceinture de cuir, entre les pans ouverts de son manteau informe de ravaudages et de déchirures, un coutelas sans garde, la poignée faite d'un lacet de cuir serré et poissé, la lame nue dont le grisé de l'aiguisage tranchait méchamment à simplement le voir. Un grand maigre au visage osseux tout de creux et d'arêtes et des yeux enfoncés dans leurs orbites. Une bande de sale toile en travers de son haut front dégarni ceignait deux ailes de longs cheveux filasse qui lui tombaient sur le col.
     Dolat renifla vigoureusement. Les yeux lui piquaient dans la fumée de soufre. Il resserra sa poigne sur le fer de houe
       L'autre étranger était sensiblement aussi grand que celui qui avait parlé, à peine plu épais mais un visage carré, barbu de plusieurs jours et des moustaches filiformes et tombantes qui lui descendaient sous le menton. Coiffé d'un grand capiel aux larges bords avachis et tout recorbillé par les averses sans nombre et les coups de chaleur qui lui étaient tombés dessus, le trousse-chemin portait plusieurs couvertures dont les lambeaux superposés et entortillés lui faisaient une manière de cape, et de l'amas guenilleux sortait sa main tenant un fort bâton noueux. Il souriait largement, de toutes ses dents plus noires que si elles eussent été rongées dans le charbon de bois (.......)
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.../...Depuis que les guerres allumées au-delà des montagnes ravageaient les quatre coins de l'Empire et lançaient des flambées dévoreuses sur les chemins et les campagnes jusqu'aux portes de certaines villes de Lorraine, des gueudes de vagabonds passaient nombreusement à la croisée des vallées, venus de nulle part et partout, descendus des cols et des passages à travers forêts et surgis ordinairement un matin ou un soir au bas des pentes, errant entre la fuite des massacres et la recherche des batailles dont ils pourraient profiter. Victimes en sursis, fuyards, mercenaires déserteurs, truands et malandrins de toutes les crapaudailles que les chaos brassaient et que diverses ondes de choc plus ou moins vigoureuses avaient poussé jusu'ici, où ils soufflaient un peu et se renouvelaient de jambes avant de poursuivre l'échappée de ce qu'ils fuyaient ou la marche têtue au devant de ce qu'ils recherchaient

       Dolat ne sut dire à priori à quelle catégorie de bagabonds appartenaient ceux-là - de prime abrod, le défaut d'armes les écartait des drilles comme d'une bande de mercenaires, ou d'un groupe, quel qu'il fusse, de gens de guerre. Probablement étaient-ils d'ordinaires harpailleurs, pas plus mais certainement pas moins redoutables que de n'importe quel acoquiné à l'engeance. Il estima qu'il ne pourrait sans doute pas les empêcher de lui voler le miel des gâteaux. Qu'au mieux, il parviendrait à en amorter un, en esquinter un autre, avant que les suivants finissent par se goinfrer de la miellée et emporter la cire dont ils iraient tirer sans peine quelques frans d'argent-monnoie aux ciriers d'Arches ou de plus loin. Attendre d'avantage ne signifiait que repousser l'échéance sans modifier son inéluctable accomplissement (../...)

17:27 Écrit par carpe diem dans entre vous et moi, Livres | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/07/2008

Le combat ordinaire

Pour ceux qui douteraient encore (shame on you!) que la BD n'est pas de la littérature, je vous conseille (et je suis loin d'être le seul ou même le premier à le faire) de lire "LE COMBAT ORDINAIRE" de Manu Larcenet.  Cette série est un chef d'oeuvre! Les 4 albums (jusqu'à présent) se lisent à la suite (parce que c'est impossible de faire autrement)  et procurent tous le même plaisir. Ils invitent à la réflexion sur soi,  le monde et nos relations. L'histoire, toute simple, en apparence, nous pousse dans nos retranchements avec force, fluidité et surtout sans prise de tête.

Je suis bédéphile depuis que je sais lire (heu pas bédéphage hein) et ne suis jamais resté scotché à un genre particulier. (Je passe alègrement de Chaland à Franquin, de Serge Clerc ou Boucq à Charlier ou Gotlib... de l'humour à de l'héroïc fantasy...) mais j'ai été rarement impressionné par tant de maîtrise scénaristique et graphique.

Bref J'ADORE (à tel point que je me demande pourquoi je ne vous en ai pas encore parlé) même..... si effectivement (si, si , j'en ai entendu un le dire dans le fond là...) ce n'est pas parce que moi, j'aime que c'est un gage de qualité

Bon alors pourquoi ne pas essayer par vous même...... Le tome un (Prix du meilleur album à Angoulème en 2004) en ligne en cliquant sur la page de couveture de l'album ci-dessous, via l'excellent site du VICTOIRE MAG (dont je vous met un lien également, parce qu'il y plein d'autres choses intéressantes à y trouver)

Mais surtout si vous accrochez, allez acheter ces 4 albums, ce sont des bijoux indispensables

9782205054255
Présentation de l'éditeur
Ne tournons pas autour du pot, le Combat Ordinaire est un Chef d’oeuvre.
À travers l’histoire d’un jeune photographe de presse s’interrogeant sur ce qu’il doit faire de sa vie, Larcenet brosse une comédie parfois drôle, parfois triste sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et du passé.
Une grosse claque par un auteur en état de grâce. Mine de rien, on a beaucoup de chance ! ! ! Larcenet est venu chez Dargaud avec Lazarr et les Cosmonautes. C’était déjà vraiment bien. Puis coup sur coup, on a vu et lu son évolution et l’on assiste, en direct, à l’avènement d’un auteur hors du commun, sans doute le meilleur de sa génération.
Le Retour à la Terre, sommet d’humour était la première étape : prouver que Larcenet peut faire rire tout le monde, des lecteurs de “La Vie” au bédéphile le plus pointu ; le Combat Ordinaire enfonce magistralement le clou dans une veine plus réaliste, tendre et violente.
Tout ce que bien des cinéastes ou des romanciers ont voulu capter sur le passage à l’âge adulte, sur l’amour et les choix qu’il implique, sur notre comportement vis à vis des autres et de l’Histoire, le Combat Ordinaire parvient miraculeusement à le retranscrire, nous le faire partager. Tous les débats stériles sur la guerre d’Algérie, puisqu’il s’agit aussi de ça, prennent une grande baffe dans la gueule. Le Combat est l’oeuvre d’un auteur en état de grâce qui parvient dans une chronique douce amère, jamais intello et toujours légère à parler de façon simple de choses très compliquées.
Saluons donc comme il se doit, la publication d’un réel chef d’oeuvre ! ! !

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17/02/2008

Les lumières de l'aube

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Photo Mitch 

Je préfère l'aube, souvent brumeuse comme un songe, sur laquelle la lumière coule avec sensualité et douceur
Le crépuscule est un spectacle de riches, un opéra de couleurs extravagant qui se permet toutes les audaces.
L'aube est un spectacle de pauvres, la lumière se donne avec parcimonie. Elle est tout en nuances et ne peut être appréciée que par celui qui en sait la rareté. Elle est réservée à celui qui se lève tôt. Elle est un privilège .../...

Nicolas Vanier - Le voyageur du froid
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Un bien beau livre, illustré de magnifiques photos. Intéressant et évidemment bien écrit.... Indispensable dans sa bibliothèque pour rêver d'ailleurs....
J'avais envie de ces mots pour illustrer une de mes photos....

19/08/2007

"Deux jours à tuer" Roman

Encore un livre que j'ai aimé...

Encore des éditions Anne Carrière

Et encore de François d'Epenoux....

....décidémment !

Fort et caustique voire dérangeant parfois. Je vous en livre le résumé. Puis un petit extrait pour mettre l'eau à la bouche. Un roman qui porte bien son titre....

Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot. Il a une femme ravissante, trois enfants magnifiques, des amis fidèles, une maison dans les Yvelines meublée avec goût, une cuisine équipée et un métier bien payé. Tout ça vous pose un quadragénaire en début de quarantaine.

Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot, sinon qu'en ce mois d'octobre, il s'est donné un week-end pour saboter son bonheur : non seulement l'amour fou qui l'unit à sa femme et à ses enfants, mais aussi les liens sacrés qu'il entretient de longue date avec ses meilleurs amis. Deux jours, en vérité, pour détruire une existence.

On se demande quelle part peut avoir Marion, ancien amour de lycée, dans ce comportement dément ; quelle part, aussi, revient à "l'araignée noire" qu'il nourrit en lui depuis l'enfance et dont il sait qu'un choc violent peut la réveiller

Ce roman dérangeant, au style aiguiser, brosse avec lucidité le portrait d'un homme qui va au bout de ce qu'il est.

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Extrait :

Antoine exhultait. L'argent! Il était là LE sujet! Livré sur un plateau dès les premières minutes du petit déjeuner. Une providence! Comme la peine de mort, l'extrème droite ou l'avortement, c'était le genre de thème sur lequel tout le monde avait son mot à dire, son idée à exprimer, son petit poncif à défendre, quitte à se brouiller pour cela avec son meilleur ami. Il se hâta de poursuivre, conscient qu'une telle oportunité ne se reproduirait pas deux fois.

"Ah!" s'écria-t-il, consterné par ce qu'il s'apprêtait à dire, mais pas mécontent de retrouver l'agressivité manichéenne de ses quinze ans. " On y est donc. Les grands mots sont lâchés. Enfant gâté, dandy, et puis quoi encore? C'est bien Clara, dans ta vie de petite bourge oisive pourrie gâtée par son mari, tu t'es trouvé une cause à défendre. pauvres petits Africains, faut bien avoir de temps en temps une petite pensée pour eux, hein? Avec la moindre de tes paires de pompes on pourrait creuser trois puits au Sahel. Et ton salon logerait à l'aise trois familles de Maliens... Alors, tes belles leçons...

-Tu confonds tout...", soupira Eric qui souhaitait calmer le jeu en coupant l'herbe sous le pied d'une Clara transformée en fauve.

"Oh mais voilà que notre grand psychiatre à deux mille balles la consultation se met de la partie? ironisa Antoine Qu'est-ce qui nous vaut ce plaisir, mon loulou? Une mauvaise conscience passagère? Il est vrai qu'après être passé de l'appartement de tes parents à l'appartement que tes beaux-parents t'ont offert, tu dois considérer l'argent comme une denrée sans importance...

-Qu'est ce que tu racontes? Je n'ai jamais dit ça.

-Tu ne le dis pas mais tu le penses si fort que ça suinte de ton corps bien nourri

-Mais n'importe quoi!" rétorqua sèchement Clara, qui trouvait son mari trop mou. "On dit seulment qu'il n'y a pas que l'argent...

- ... qui fasse le bonheur, c'est ça? Conneries!" tonna Antoine, soulagé de pouvoir enfourcher à cru un aussi beau cheval de bataille. "L'argent, c'est tout, figure-toi. Tout! L'argent c'est la culture. Que je sache, on a plus de chance d'être cultivé en revenant de Venise que de la salle polyvalente d'une cité HLM. L'argent c'est la beauté. En plein mois de janvier, tu seras sûrement plus jolie en cachemire de retour des Seychelles que toute blanche dans un survêt pourri. L'argent c'est la santé. Si tu te prends un platane, vaut mieux que ta tête rebondisse dans l'air-bag de ta BM que dans le pare-brise d'une estafette. Faute de quoi, tu risques fort d'y laisser ta peau ou, au mieux, d'être soignée par le premier boucher venu et non par le grand ponte tellement sympa que tu as rencontré en faisant ton dix-huit trous. Conclusion, l'argent c'est la vie !

-La vie? Mais arrête...

-La vie! Et je ne parle pas du maquillage, des bijoux, des  fringues et de tout ce qui ne se mesure pas, cette sensation d'être à l'aise, dans le ton, toujours à la bonne place. Avec de l'argent, tu es bien, tu est beau, tu fais des sports sophistiqués, tu es en forme, musclé, couvert de crèmes aux algues à huit cents balles le tube, tu dragues peinard, tu as confiance en toi, ce qui revient à dire que l'argent, c'est aussi l'amour, le septième ciel, le panard au plumard. Alors pitié, ne viens pas me parler du mythe de la jolie pauvresse au fond de sa roulotte, ou de la belle lingère aux joues fraîches ! Les pauvres sont souvent moches, édentés, rougeauds, incultes, agressifs et cons. Il faut vraiment n'avoir rien d'autre à foutre pour se préoccuper d'une catégorie d'individus aussi dénuée d'intérêt. Seuls les riches, une fois de plus, peuvent se payer ce luxe. Et le plus beau quand ils le font, c'est que ce sont les pauvres eux-même qui les applaudissent!

-C'est monstrueux, s'exclama Sybille.

-Mais non ! Ce qui est monstrueux, c'est d'oser prétendre que l'argent ne fait pas le bonheur. Ca, c'est vraiment ignoble. C'est l'ultime pirouette du nanti. Moi, je soutiens que l'auteur de cette théorie est un aimable fils de pute qui n'a pas l'ombre d'un idée sur ce qui est le manque de fric...

../..

(Voilà, le face à face d'Antoine avec ses amis, est loin d'être terminé, toujours aussi acerbe.... amis je ne peux tout recopier ici..... donc allez l'acheter!!!)

30/06/2007

Prostitué (D. Von Grafenberg)

Bon, comme je ne suis pas encore vraiment parti  (je ne m'en vais que mardi) ...ça me laisse encore un peu de temps pour vous présentez un beau livre.... "Prostitué" de David Von Grafenberg (aux éditions Anne Carrière)

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Beau livre parce qu'un livre vrai, sans fausses pudeurs, un livre issu d'un parcours difficile, tumultueux.... un introspection courageuse de ses enfers, de ses envers, de ses dévers... Un livre écrit d'émotions et de sensibilités... Un livre aux mots aériens parfois, comme un regard...une caresse...aux mots rugueux aussi, aux atours sans détours.... des mots qui sentent les sueurs âcres, les parfums trop prononcés ou aux effluves subtiles du jasmin....
Une écriture belle et subtile pour un témoignage différent qui ne laisse jamais indifférent
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Je vous en livre la toute première page, en témoignage :

"Je suis entré en prostitution comme on entre en religion. Par dévotion. Sans doute aussi par désespoir. Mais surtout par soumission à l'autorité que j'ai crue salvatrice.

Même si au fond, soumis, je ne l'ai été qu'à mon incapacité à définir par moi-même mon existence.

Je suis entré en prostitution là où l'être, l'âme, se résume au fantasme du client. Où l'identité est soigneusement manipulée, stéréotypée. Je suis entré en prostitution là où seul le corps et ce qu'il représente exultent. Envers et contre soi.

Je suis entré en prostitution comme on entre en religion. Mais c'est avec le diable que d'aucuns diront que j'ai signé."

 

David von Grafenberg à 29 ans et c'est son premier roman.  Edité aux éditions Anne carrière, ce bouquin fait 230 pages et ne vous laissera pas indifférent....

13:26 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : recit, von grafenberg, livre, prostitue, temoignage, critique |  Facebook |

02/08/2006

Les papas du dimanche

 

Il y a un drôle de petit bouquin que j'ai lu il y a quelques mois...qui m'a énormément plu...que j'ai lu trois fois à la suite : 'Les papas du dimanche de François d'Epenoux..C'est l'histoire d'un de ces dimanches froids quelques semaines avant noël... Un papa qui nous raconte ce dimanche passé avec ses enfants....et ces instants qui le rapproche irrémédiablement au fil de la journée du moment de la séparation...où ses enfants vont retrouver leur maman pour 15 jours. Mais des moments qui le rapprochent aussi de lui-même, d'eux, de son passé et finalement aussi peut-être de....nous. J'ai dévoré ce drôle de bouquin et j'ai envie de dire merci...merci pour ces images remember, pour ces sensations qui sonnent juste...pour ces similitudes qui dérangent ou qui confortent... pour cette drôle d'histoire qui me ressemble tant…ces mots lumineux et ces coups de gueules évidents auxquels j'avais pas pensé, ceux que je n'avais pas osé ou que j'avais formulé autrement...pour ces sourires tendres, ces éclats de rire mais aussi...ces yeux mouillés…merci pour ces larmes chaudes qui coulent et puis parfois...le rire et les larmes...ensemble....
Si j'ai un peu de temps...je vous en recopierai  un petit extrait....

 

27/06/2006

Norman Rockwell...un illustrateur que j'adore

NORMAN ROCKWELL a commencé sa carrière d'illustrateur en 1910, l'année de la mort de Mark Twain. Ses premières peintures pour couvertures parurent à une époque où il y avait encore des voitures à cheval dans la plupart des villes américaines ; l'année de son association avec le Saturday Evening Post, en 1916, Woodrow Wilson était réélu à la Maison Blanche et Charlot chef de rayon de CHAPLIN battait tous les records au box-office.

 Les jeunes femmes connaissaient la liberté relative des jupes courtes et leurs amoureux leurs susurraient des chansonnettes immortelles comme "the sunshine of your smile".

 En littérature triomphaient Booth Tarkington, O'Henry. Ernest Hemingway, encore dans ses vertes années, était un jeune journaliste au Kansas City Star. L'Armory Show de New York en 1913 avait initié le public américain aux tendances de la peinture européenne, mais les valeurs traditionnelles règnaient sans partage dans le monde artistique du pays. Quant au cinéma, il commençait à se ranger parmi les divertissements populaires, mais qui le prenait au sérieux ou se disait qu'il prendrait place parmi les formes d'art reconnues ?

On s'exhalte des exploits des premiers aviateurs sans se rendre compte du rôle que ces machines volantes vont jouer dans les guerres modernes. On apprécie les avantages apportés par les inventions du téléphone, du phonographe, de l'aspirateur et de l'automobile...

L'art de Rockwell n'a évidemment rien à voir avec le modernisme pictural. C'est par essence un artiste populaire, un humoriste pleinement conscient que son art est fait pour la reproduction. Non, le génie de Rockwell, son talent spécifique n'est  pas celui de peintre, et cela quelques soient ses dons, mais d'être un grand narrateur de l'image.

 Car la plupart des couvertures de Rockwell sont pour la plupart de simples anecdotes. De manière générale, il arrive, en une seule scène, un épisode isolé, à insérer tant de détails signifiants, que l'image contient en filigrane ce qui la précède et ce qui la suit. Un grand nouvelliste comme Guy de Maupassant sait faire tenir une vie entière dans une douzaine de pages. Rockwell, dans ses meilleurs jours, y arrive en une seule image

 

Liens : http://nrm.org

 

Livres : Norman Rockwell, chroniqueur du XXème siècle. Ed. SOLINE

            Norman Rockwell, 332 couvertures de magazines. Ed. Abbeville 

 Et puis, ma préférée....

 

22:22 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : norman rockwell, illustrateur, livres |  Facebook |

15/06/2006

Les 7 couleurs de l'arc-en-ciel

Envie ce soir de partager avec vous un moment de lecture. D'un livre où je me sens bien, que je suis en train de lire avec bonheur, sérénité et...passion aussi parfois.....

A travers une danse érotique de vie et de mort, Daniel Odier, auteur d'importants ouvrages sur le tantrisme et de romans-culte tel DIVA, évoque ici la force révélatrice de l'amour et du sexe.

 

Lors d'un voyage à St-Pétersbourg, un homme épris de musique et de beauté rencontre une femme qui le fascine d'emblée et l'attire irrésistiblement. Séléné est belle, russe et peintre. Entre ces deux êtres, une folle passion naît, faite de passion et de violence, de ruptures angoissantes et de retrouvailles torrides. Un amour intense, physique et boulversant, où se réinventent sans cesse le langage des corps et les jeux sensuels dans la douceur et la rage.....

 

Un voyage initiatique dans l'univers des sens, un roman spirituel, passionné et lyrique

Extrait :

.../...Ce matin-là, chaque chose lui sembla avoir un goût plus prononcé, un parfum plus subtil. Il goûtait à la vie, le corps détendu, dans une présence qui annihilait tout fonctionnement automatique de la pensée. Pendant de longues années, il avait cru que le silence était l'absence de son. Puis, un jour, au cours d'un concert, il y avait eu un moment où l'artiste octogénaire au regard enfantin, assis à son piano, avait levé une main tremblante qui traversa l'espace pour se poser sur le clavier dans une trajectoire sans fin. A cet instant, l'Adorateur avait pris conscience de son silence mental né de la fascination. Il avait senti la vacuité illimitée dans laquelle tout semblait flotter . Dès la première note, il avait senti l'émotion tracer un arc-en-ciel dans ce silence, avant même que le son  ne dessine sa trajectoire. Ce jour-là, il avait découvert l'espace, le silence intérieur conscient, la félicité de ce repos sans franges, qui allait aux confins du réel, directement, dans une éclosion sphérique. Pendant tout le concert, il avait goûté comment toute chose se dissous dans l'absence de limites lorsque les objets sensoriels n'enferment pas la conscience en eux, mais se manifestent dans une durée immuable. Il avait compris que la présence à cet espace donnait à chaque saillie sensorielle la liberté de naître et de mourir sans ravir l'infini. L'Adorateur avait saisi ce qu'il pensait être l'une des plus grandes découvertes de sa vie : la conscience spatiale dénudait chaque chose, la rendait plus vibrante, sans que le discours intérieurs ne vienne réduire l'expérience aux dimensions de l'objet. il y avait musique, perception visuelle, émotion qui formaient des planètes dans ce ciel sensible. C'était cette perception simultanée qu'il appelait liberté. Depuis ce soir-là, sa vie avait changé. une fois encore la musique l'avait mené à une perception vitale.../...

    
 
 

20:17 Écrit par carpe diem dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : critique, livre, daniel odier, lecture |  Facebook |