06/12/2010

Engourdi

Sous la neige, il nourrit les oiseaux
Elle, n'en sort plus de sa maison
Les rêves accrochés au porte-manteaux
Pendus dans le couloir de la raison

Deux petits vieux un beau matin
Le coeur battant pour deux
Regard posé sur le chemin
Et des souvenirs au coin des yeux

Two people in a room, ce fut le temps
Où l'on aiguise son caractère
Et sur la route, les insouciants
Les regards aux yeux révolver

Mais sous la neige, il nourrit les oiseaux
Elle, n'en sort plus de sa maison
Les rêves s'évaporent aux carreaux
Pour disparaître à l'horizon

Il a vécu d'envies entières
Sans même prévoir de lendemains
Elle a vécu la vie altière
Une maison pour tour d'airain

La vie te happe et tu t'oublies
Sous le toit de ton cocon
Tu nourris les oiseaux sous un abri
Et te rattrapent les saisons.

Que reste-t-il encore à faire
Sinon nourrir les oiseaux
Ou engourdi dans sa chaumière
Broder les fils de ses tableaux

Ce n'est pas prisonnier de ses mouffles
Qu'on écrit les lignes d'un roman
Ni les pieds enfoncés dans ses pantoufles
Qu'on profite des souffles du vent

Quand vient le soir dans la maison
Et que s'endorment les turpitudes
Que restent les forces de la raison
Et le poids des habitudes ?

Demain, il nourrira les oiseaux
Elle ne sortira pas de sa maison
Sans trève, perdus au porte-manteaux
Les rêves s'accrochent à leur prison

 

15:52 Écrit par carpe diem dans Rimes et déprimes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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